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L'art est fait pour troubler
 
L'équipe du forum souhaite s'excuser pour l’inactivité du forum et voudrait prévenir qu'il ne sont pas entrain de faire la sieste mais de vous préparer un nouveau terrain de jeu ! On vous aimes <3

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[FINI] La boule au ventre ...

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MessageSujet: [FINI] La boule au ventre ... Sam 24 Mar - 14:32

    J'étais dans une pièce vide. Le souffle court, saccadé par la peur, le noir était la seule chose que je voyais. J'étais assise sur mes genoux, incapable de bouger les jambes, le sol était froid mais mes tremblements étaient plus dus à l'inquiétude. Puis, la pièce étrange, berceau de l'agitation de mon sommeil, se mit à trembler. Elle s'effondra littéralement, et lorsqu'un grava manqua de me toucher, je me réveillai en sursaut. Un cri de terreur avait accompagné ma relevée soudaine, et c'était assise dans le lit que je regagnais mes esprits. Essoufflée comme après un marathon, je balayai ma modeste chambre du regard, la main sur mon coeur qui battait à tout rompre. Tout était normal, elle baignait dans le soleil du matin qui s'était insinué par la fenêtre, les murs d'un bleu fade et les meubles d'un bois foncé. Elle n'était pas décorée avec goût. Je n'avais pas choisi de vivre là pour la beauté, mais bien pour le loyer dérisoire, car malgré les aides que ma mère m'envoyait mensuellement, avoir un minimum de confort était un combat de chaque jours. Mais cette vie me plaisait. J'avais cette liberté qu'ont les adultes, de se dire devant une assiette de nouilles instantanées : "C'est moi qui les ai payées." Quoi qu'il en soit, l'heure n'était pas à ce genre de réflexions, mon réveil ne m'ayant pas réveillée, j'étais à la bourre comme on dit. Prestement, j'écartais les draps d'un revers de la main. C'était le dernier matin que je passais dans ce studio, puisque aujourd'hui, j'entrais à Shuwan. J'avais tout préparé la veille : le ménage, les vêtements, les affaires de cours et quelques effets personnels. J'empoignai les habits du jour qui étaient posés sur la commode après avoir ouvert la fenêtre pour aérer la chambre, puis me précipitai vers la douche. Toilette expresse, j'avais finalement bien fait de choisir une robe d'été beige évasée sur les jambes et cintrée à la taille facile à enfiler. J'attachai mes cheveux en une queue de cheval haute à l'aide d'un élastique vert pomme, me chaussai de sandalette sombre en cuir puis me précipitai vers le couloir une fois avoir parfait ma chambre en faisant le lit. Tout était prêt. Sur la console disposée dans le couloir de l'immeuble, je laissai la clé du studio avec un mot écrit en Japonais : "Merci pour votre hospitalité. Je viendrais vous rendre visite prochainement !" J'appréciais le propriétaire, il m'était donc naturel de vouloir le revoir un jour. Mais allez, un peu de nerf ! Je parcourais les rues à la vitesse de la lumière, j'avais déjà donné ma démission à mes deux employeurs accompagnées de lettres d'excuses expliquant les raisons de mon départ. J'avais eu par le passé un entretient avec chacun d'eux, ils m'avaient embauchée en ayant conscience que dans un an si tout allait bien je les quitterais. Tout était donc en ordre, j'avais le coeur léger et il me plaisait de m'envoler de toutes ces responsabilités qui avaient enfermé ma condition d'adolescente. J'aspirais à retrouver l’insouciance. Je montai maintenant dans le car qui me mènerait au pensionnat, je me demandais quand était la prochaine fois où je pourrais l'emprunter à nouveau. Aux vacances scolaires, probablement. A moins que ? Qui sait !

    Le trajet se fit dans le plus grand calme et silence. J'avais un peu le trac de découvrir toutes ces nouvelles choses, voilà quelques mois que mes obligations ne me laissaient pas toucher à mon art, j'appréhendais d'avoir perdu la main. Le voyage ne m'en parut que plus long, arriver en milieu d'année n'est jamais facile, il y avait toutes ces marques qui nous manquaient, toutes ces choses à rattraper, et la plupart du temps les élèves de notre classe nous regardaient du coin de l'oeil, l'air de dire "T'as vu ? Elle est comme ci, elle est comme ça" etc. Finalement, le car stoppa net et me laissa sortir. Il m'avait semblé à être la seule à descendre à cet arrêt non loin du pensionnat. D'un pas plus lent et chancelant puisque j'étais chargée comme une mule de toutes mes valises et sac de cours, j'entrai dans la cour immense qui se présentait à moi. J'arrivais en pleine heure de cours, c'était normal qu'elle soit vide et elle me parut plus imposante encore. Cherchant la Vie Scolaire, je l'atteignis quelques instants après pour confirmer mon inscription. On ne me conseilla rien : je repartis du bureau avec mon numéro de chambre et maintenant je me retrouvais plantée là comme une cruche dans le hall vide où mes pas résonnaient. Alors je posai mes valises, m'installa sur une marche de l'escalier qui menait à l'étage, et posai mon visage dans mes mains.

"Me reste plus qu'à attendre ! soupirais-je."
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Ven 30 Mar - 15:37

    Le réveil sonna, assourdissant, encore une fois. Cette musique entêtante lui vrombissait dans les oreilles, en à peine quelques secondes, c'était devenu insupportable. Sa main sortit de sous les draps, pour s'abbattre violement sur l'objet venu des enfers. Il ouvrit les yeux peniblement, s'étira, faisant se détendre les muscles de son dos. Il se redressa, lourdement, vêtu d'un simple caleçon gris, pour ouvrir les tirroirs et piocher sa tenue du jour. Un jean bleu faussement usé et un tee shirt noir à manche courte plutôt près du corps, ce n'était pas bien original.
    Il regarda par la fenêtre, l'ouvrant pour laisser passer l'air. Ses colocataires étaient toutes déjà parties, il était tranquille. Le vent s'engouffra dans son cou, il prit une grande inspiration en fermant les yeux. Ses mains rabatirent les vitres, et il se retourna, d'attaque.

    Il se dirigea vers son sac de cours... Et c'est au moment où il l'empoigna qu'il se rendit compte d'un détail. Stupide détail. Il n'avait pas cours aujourd'hui, ses professeurs étaient absents.
    Il grogna, s'étalant sur son lit. Quel imbécile...
    Impossible de se rendormir à présent, il se dirigea vers la porte, et sortit à contre-coeur de sa chambre, en prenant soin de fourrer dans sa poche son porte-monnaie et de fermer la porte à clé.

    Mains dans les poches, air indolant, il s'avanca dans le couloir. Que faire ? Il n'y avait rien à faire. Les cours allaient commencer d'ici un petit bout de temps. Les pas se faisaient inlassables. Il ne savait même pas vraiment où aller. Quand il arriva au niveau des escaliers, il les dévala en un quart de seconde, sans quitter les mains des poches.
    Quelques salles avaient les portes entrebaillés, il se mit à observer élèves et professeurs en passant devant. Les premiers semblaient peindre une nature morte, des fruits, beaucoup de fruits. Dans un autre couloir, un piano retentissait, en même temps que le claquement des pointes des danseurs. Involontairement, Raito battait la mesure d'une main.
    Combien de temps déambula-t-il dans ces couloirs ? Lui-même n'en a aucune idée. Un bon bout de temps. Il atteignit le hall, enfin.
    Il alla dire bonjour aux quelques fumistes adossés à un mur puis se retourna et la vit.
    Une tête brune enfouie dans ses mains, assise visiblement. Il y avait des affaires à côté d'elle. Une nouvelle venue ?

    Ni une ni deux, Raito avança lentement vers la jeune femme. L'abordant doucement, il se mit à parler.

    « -Je peux peut-être t'aider ? Tu m'as l'air... paumée. »

    Il n'en dit pas plus, mais quand elle leva le visage, il lui afficha le joli sourire dont il avait le secret.


Dernière édition par Raito Takashiwa le Mar 10 Avr - 17:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Sam 31 Mar - 9:09

    Combien de temps s'était écoulé ? Impossible de le déterminer de là où j'étais. Il y avait bien une montre dans ce hall, mais elle était fichée dans le mur, dans le couloir. Oui oui, le couloir, ce même couloir auquel je faisais dos. J'avais été trop excitée de l'idée de renouveau et trop nerveuse à celle de l'échec pour l'apercevoir, cette jolie montre. En attendant la fin des cours pour choper quelqu'un et demander de l'aide (chose qui relevait de l'insurmontable pour une timide comme moi), je profitais de ce nouvel air. L'établissement était "sain" comme on dit : il respirait la propreté et la sécurité, je l'imaginais récent. Une odeur de peinture en émanait. Travail des élèves ou rénovation de la couleur des murs ? Tout ce que je savais, c'était que je n'avais pas senti cette odeur âcre mais caractéristique depuis les ateliers auxquels j'avais participé en France, mon lieu de naissance. Plus d'un an, toute somme, et ce ressenti m'avait envahit d'une joie que je contenais sans peine (je n'arrivais pas à extérioriser mes émotions, de toutes façons). Au loin, comme en sourdine ou au fond d'un tunnel, un piano retentissait. J'ignorais si des cours de danse avaient été organisés à côté, j'étais trop loin pour détailler ces petites choses. Alors je profitais, visage dans mes main et au repos, de cet instant particulier.

    Puis, une voix. Une voix calme, douce, mais masculine. Me sortant de mes songes, je luttai pour ne pas montrer à la personne qui m'avait adressé la parole que je m'étais effrayée. J'étais nouvelle, je devais faire bonne impression coute que coute, et passer dès le départ pour une fille dans la lune et peureuse, non merci. Je relevai donc calmement la tête, posant mes yeux sur le jeune homme en l’occurrence qui m'avait parlé.

    "Je peux peut être t'aider ? m'avait-il demandé. Tu m'as l'air ... paumée."

    Bam ! Dans les dents ! Il avait totalement vu juste : j'étais paumée. Complètement perdue, je ne savais ni que faire, ni où aller. Rejoindre les cours ? Aller voir la direction ? Déposer mes affaires dans la chambre sans savoir où je devais récupérer la clef ? Retourner à la Vie Scolaire était impensable, ils m'avaient déjà expressément "envoyer paitre", comme on dit. Alors son aide n'était pas refus. Avant d'aller plus en avant de la discussion, je le détaillai. Une masse de cheveux brune lui tombait sur ses yeux couleur noisette. Le visage fin, la stature élancée sans être féminine, il était plutôt joli garçon. Mais je ne m'attardai pas sur ce point pour l'heure.

    "E-euh, eh bien, volontiers. Je viens d'arriver et je suis perdue ..."

    Je me levai sur la marche où j'étais assise, et démontrai mes valises d'un air penaud. Elles étaient trois : une grande avec des habits et quelques pinceaux / pots de peintures au cas où à l'intérieur, une plus petite avec des effets personnels donc livres, babioles que m'avaient envoyé ma mère et tutti quanti (la plus lourde), et une avec quelques cahiers, trousse, le minimum scolaire. Je me rappelais qu'en les faisant, quelque chose m'avait amusée, toute ma vie tenait en trois valises. J'avais mis une heure pour réunir tout ce dont j'avais besoin, le tout rangé et plié ainsi aucun des trois récipients ne donnait de fil à retordre pour se fermer. J'aimais être clair dans mes affaires, cela facilitait grandement les choses et puis c'était un peu une névrose (encore une) chez moi. Je quittai mes sacs des yeux pour regarder le jeune homme avant de faire un sourire gêné.

    "Ah ! Je suis malpolie. Je m'appelle Nérée."
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Dim 1 Avr - 8:52

    Elle avait relevé la tête, permettant à Raito de l'observer quelques secondes. Une cascade de cheveux noirs de jais, qui encadre un visage à la peau laiteuse. Son regard avait quelque chose de pénétrant. Deux pierres, polies et rondes, qui semblait traduire une innocence déroutante. Sans aucun doute, il pouvait affirmer qu'elle était une fille bien. Un peu trop bien peut-être, sans vraie carapace. Le monde alentour est cruel, tout le monde le sait, il faut se faire ses armes...
    Ses lèvres pulpeuses -très attirantes, il ne fallait pas le cacher- s'actionnèrent et le son de sa voix se fit entendre.


    « E-euh, eh bien, volontiers. Je viens d'arriver et je suis perdue ... »

    Raito esquissa un sourire, et s'apprêtait à lui tendre la main pour l'aider à se relever. Mais la jeune femme avait été plus rapide, et le bras du musicien retomba contre son flanc.
    Quand elle fut face à lui, il n'arrêtait pas de sourire. La mettre à l'aise, que faire d'autre. Autant qu'elle ne soit pas effrayée dès son premier jour au pensionnat. Elle montra ses valises, affirmant ainsi son tout récent abordage dans cette nouvelle vie. Trois valises.
    Raito s'était toujours demandé comment les filles pouvaient-elles faire pour être toujours surchargées. Lui, il ne lui avait fallu qu'une valise à son arrivée, et il ne manquait de rien.
    Les billes brunes et captivantes de la demoiselle se relevèrent vers le jeune homme, dans un air gêné. C'était attendrissant.


    « Ah ! Je suis malpolie. Je m'appelle Nérée. »

    Raito lui fit un signe de la tête, et comprit qu'à n'avoir pas relancé la discussion, il l'avait peut-être mise mal à l'aise. Horreur, ce n'était pas du tout son but...

    « Et bien, bienvenu parmi nous Nérée. Je m'appelle Raito. Raito Takashiwa. Très heureux de faire ta connaissance. »

    Il lui lança un nouveau sourire radieux. Il s'attarda sur les valises, puis reprit la parole.

    « J'imagine que tu ne sais pas où aller. Si tu veux, dis moi le numéro de ta chambre, je t'y mènerai. Je porterai tes valises, elles ont l'air bien lourdes. »

    Sans même attendre une quelconque réponse de sa part, Raito empoigna les trois valises et se mit face à elle. Il pencha la tête, ne cessant de sourire, comme pour lui dire : Alors ? On fait quoi maintenant ?


Dernière édition par Raito Takashiwa le Mar 10 Avr - 17:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Dim 1 Avr - 12:26

    On avait rarement été si gentil avec moi, à part ma mère et le peu d'amis - deux, c'est peu dire - que je m'étais fait tout au long de ma vie, les gens se foutaient royalement de moi. Ils devaient penser la même chose sur mon cas, j'étais si timide qu'il semblait que je sois distante et froide, égoïste. Pourtant, je ne compte plus le nombre de fois où j'ai voulu venir en aide à quelqu'un, l'épauler, le mettre en confiance, être agréable, comme le faisait ce jeune homme dont je ne connaissais pas encore le nom. Rien qu'à son sourire constant - et que je trouvais charmeur malgré moi -, il m'inspirait le respect. A ma première réplique, son sourire s'était accentué, et d'ailleurs il avait voulu m'aider à me relever, mais je n'y avais pas prêté tout de suite attention. Trop gênée, comme d'habitude. Je me haïssais lorsque je voyais au combien ma timidité était maladive. Je l'eus alors deviné un tantinet déçu, ce qui eut pour effet de me rendre tremblante. Il représentait une chance inespérée ! Qui d'autre aurait aidé une gourde comme moi ?

    Après ma présentation, il fit un petit signe encourageant de la tête, puis entrepris de me souhaiter la bienvenue :

    "Eh bien, bienvenue parmi nous Nérée. Je m'appelle Raito. Raito Takashiwa. Très heureux de faire ta connaissance."

    A cet instant, plusieurs pensées se bousculèrent dans ma tête. Premièrement, il n'avait pas fait de remarques concernant mon prénom qui n'était assurément pas Japonais. L'un des premiers que j'eus rencontré. Puis, son nom, à lui. Takashiwa. Si je ne m'abusais, il s'agissait là du nom du directeur, du fondateur de ce pensionnat. Penser que je faisais simplement la discussion avec quelqu'un probablement de sa famille ne m'avait pas effleuré l'esprit, pour moi Raito était juste un élève comme un autre dont je ne connaissais presque rien. A l'entente de ce nom, un frisson m'avait alors parcourut. Pourtant, lorsqu'il affirma qu'il était heureux de faire ma connaissance, ma réjouissance effaça toute émotion néfaste. En témoin, un large sourire s'afficha sur mes lèvres. Il me répondit d'un visage semblable et ajouta :

    "J'imagine que tu ne sais pas où aller. Si tu veux, dis-moi le numéro de ta chambre, je t'y mènerais. Je porterais tes valises, elles ont l'air bien lourdes.
    - N-Ne te sens pas obligé hein, balbutiais-je. Je veux pas t'embêter, enfin les filles, tu sais ce que c'est. On peut pas se balader sans la tonne d'affaires qui va avec !"

    Ce disant, j'eus un petit rictus gêné. Je me sentis bête d'avoir dit ça. "Tu sais ce que c'est " ? Il s'en fichait peut être pas mal. "Je veux pas t'embêter" ? Alors j'aurais du refuser son aide. Bien sûr que je ne voulais pas lui traîner dans les pattes, mais qu'il me conduise au moins jusqu'à un point de chute était le centre de mes espérances. Pourtant, rien n'y fit, il avait déjà empoigné mes trois valises et se mit face à moi, l'air de dire : "On y va ?" J'inspirai de surprise. C'était inattendu, et j'étais encore moins à l'aise avec la gente masculine qu'avec n'importe quelle autre personne. J'avais grandis dans un milieu féminin, depuis la mort de mon père, et le pensionnat représentait aussi ce défis : évoluer dans un lieu aux fréquentations variées. Filles, garçons, délinquants ou "enfants de coeur" se côtoyaient sans que ça n'ait l'air de frustrer personne. Bien sûr dans mon travail j'avais des collègues masculins, mais ils restaient entre eux. Alors je baissai les yeux sur les trois valises qu'il portait sans mal.

    "Ca ira ? lui demandai-je d'une petite voix. Sinon je peux en porter une hein. Ah ! Au fait, ma chambre c'est la 3. Mais ils m'ont pas donné de clé à la Vie Scolaire. Ils avaient l'air ... occupés."
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Mer 4 Avr - 12:49

    « - N-Ne te sens pas obligé hein, balbutiais-je. Je veux pas t'embêter, enfin les filles, tu sais ce que c'est. On peut pas se balader sans la tonne d'affaires qui va avec !»

    Raito laissa échapper un petit rire, très bref. Cette jeune fille semblait si gênée de déranger, si gênée de prendre une petite place dans ce monde. Ce monde de brute où sa douceur ne pouvait être que... bienvenue ?
    Ses lèvres se tintèrent d'ailleurs d'un petit rictus. Oui, elle semblait avoir l'impression de déranger, enfin, voilà ce que crut analyser Raito.
    Le jeune homme ne répondait pas vraiment, il se contentait de sourire. Cette Nérée lui rappelait vaguement quelqu'un... Une petite fille avait qui il s'était lié d'amitié quand il avait à peine plus d'une dizaine d'années. Elle semblait vouloir s'excuser sans cesse de sa présence, ne voulait jamais parler de ses problèmes car elle n'était pas importante. Un jour il lui avait pris la main et lui avait glissé à l'oreille : Pense à toi, s'il te plait.
    Son nom lui avait échappé, mais la larme qui avait roulé sur ses joues était un souvenir intarissable. On lui demandait de penser à elle... De ne pas vivre que pour aider les autres ? Avait-elle droit à ça, elle aussi ?
    Ils étaient devenu très proches, et elle lui avait livré qu'elle s'était sans cesse comparée à un ange gardien universel. Celui qui protège le monde, donne sa vie pour le bien collectif. Il avait admiré pour cet esprit si touchant, mais cela lui avait fait de la peine. Cette petite fille qu'il aimait tant ne voulait pas vraiment vivre pour elle, elle vivait à travers les autres.
    Ils s'étaient perdu de vue, au fil des années. Pour tout avouer, il l'avait complêtement oublier. Même son prénom.

    Un air de nostalgie l'avait envahi, l'espace de quelques secondes. Mais la voix de Nérée le ramena à la lucidité, et il se repropulsa dans le monde réel.

    « Ca ira ? Sinon je peux en porter une hein. Ah ! Au fait, ma chambre c'est la 3. Mais ils m'ont pas donné de clé à la Vie Scolaire. Ils avaient l'air ... occupés." »

    Raito se remit à sourire, et la rassura :

    « Suis moi, on va aller récupérer ta clé. Ils ont... une certaine... non assurance envers moi à la Vie Scolaire. Cela ne les empêche pas de me punir, mais les sanctions et agissements arbitraires, ils se les gardent. »

    Il laissa échapper un petit rire. Qu'une bande de fayot, ils feraient tout pour s'attirer les bonnes graces de Sen, et ainsi, Raito avait relativement la paix.

    D'un pas assuré, il se dirigea vers la Vie Scolaire, attirant Nérée d'un signe de tête. Il poussa les portes, et s'avança jusqu'au bureau. Une femme, blonde décolorée et marquée par le temps, semblait remplir des mots croisés, et ne pas l'avoir remarqué. Il toussa bruyamment, ce qui eut pour effet de faire sursauter la secrétaire.

    « Oui, vous voulez quoi ? »

    Un ton un peu revêche. Il ne s'en formalisa pas et pointa sa protégée du doigt.

    « Je crois que cette demoiselle voudrait sa clé. C'est la chambre 3. »

    Il lança un grand sourire faussement aimable, et attendit la réaction de la dame. Elle roula les yeux et se pencha en arrière, attrapant une petite clé, avant de la tendre au jeune homme sans un mot.
    Il la remercia d'un signe de tête, et se retourna vers Nérée, en lui tendant le précieux objet.

    « La voici, nous pouvons y aller. C'est l'escalier en face de la Vie Scolaire , je te suis avec les bagages. »


Dernière édition par Raito Takashiwa le Mar 10 Avr - 17:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Jeu 5 Avr - 17:04

    Ce jeune homme avait eu l'air un peu nostalgique, par deux fois. Il était donc de ce genre de personnes ayant souffert ou ayant gardé des souvenirs intarissables du passé, bon ou mauvais, sans les oublier ? Je me rappellerais de moments importants de ma vie, blessants ou non, à jamais. Une pensée pour mon père m'eut alors effleuré l'esprit. Cet homme, je ne l'avais pas beaucoup connu au final, mais une trace me restait de lui : son sourire, sa bienveillance, la tendresse avec laquelle il nous enlaçait, ma mère et moi, dans des moments difficiles. Et ce jour où on m'avait annoncé sa mort, je m'étais rendue compte que la chaleur de cette étreinte avait disparu à jamais.

    Mais je devais me ressaisir ! Raito m'avait souri à nouveau avant de me rassurer.

    "Suis-moi, on va aller récupérer ta clef. Ils ont ... une certaine ... non assurance envers moi à la Vie Scolaire. Cela ne les empêche pas de me punir, mais les sanctions et agissements arbitraires, ils se les gardent."

    J'approuvai alors ses paroles d'un air impressionné. Il n'avait pas menti, et bien que je n'ai en aucun cas douté de sa parole, l'assurance qu'il avait me prouvait bien que cette hypothèse était inimaginable. Il était vraiment influent. Non seulement il devait être vénéré des élèves, mais aussi du corps enseignant ainsi que des surveillants et dérivés. Mais est-ce réellement agréable ? Acquérir sa notoriété de part son nom ? Être le frère de, le fils de, la femme de ? Ne serais-ce pas plus satisfaisant de devenir reconnu de part ses actes ? Il y en avait pourtant qui n'avaient pas le choix, comme Raito. Cela étant, je savais que lorsque l'on approchait ce jeune homme sans avoir peur des soit-disant "conséquences", il valait largement la peine d'être connu. Au final, même en débarquant de nulle part, j'imaginais qu'il n'aurait eu aucun mal à devenir populaire. Sa classe naturelle, sa générosité évidente tout comme sa galanterie faisaient de lui quelqu'un d'agréable. Moi, je n'étais tout simplement personne. Cela ne m'affectait en aucun cas, je savais juste que j'étais trop effacée, trop gênée par tout, et pire encore : devenir appréciée me rendrait malade ! J'appréciais juste de n'être personne en particulier, quelqu'un parmi tant d'autre qui, si possible, laisse un agréable souvenir de son passage. Je ne voulais même pas qu'on se souvienne de moi en fait, juste rendre les gens un peu plus heureux, le temps d'une fraction de seconde seulement s'il le faut, même si pour cela il m'en coutait un bras.

    Puis, nous entreprîmes d'aller chercher ma clé. Raito avait cent fois plus d'assurance que moi, il marchait d'un pas tranquille à peine gêné par le poids des valises, tandis que je le suivais de petits pas silencieux. Nous arrivâmes peu après dans le bureau où la femme qui m'avait "accueillie" vaquait à ses occupations. Mots croisés ? Sudoku ? Je ne pus qu'apercevoir un cahier de loisir car regarder par-dessus l'épaule de mon camarade était tout simplement impossible au vu de nos tailles respectives. Elle sursauta lorsque Raito eut éclairci sa voix.

    "Oui, vous voulez quoi ?"

    Encore ce ton désagréable. Décidément, rien ne semblait arrêter la méchanceté pure. Mon camarade me pointa du doigt, suite à quoi je m'effrayai moi aussi mais plus discrètement (j'avais toujours une drôle de sensation dans l'estomac lorsque l'on s'adressait à moi avec tant de calme).

    "Je crois que cette demoiselle voudrait sa clé, fit-il. C'est la chambre trois."

    La bonne femme leva les yeux aux ciel et lui tendit l'objet convoité devant mon sourire confus. Il la remercia, se tourna vers moi puis me confia la dite clé d'un sourire. Je l'empoignai, m'attardai sur elle du regard, puis il m'indiqua la route à suivre :

    "La voici, nous pouvons y aller. C'est l'escalier en face de la Vie Scolaire, je te suis avec tes bagages.
    - M-Merci beaucoup ..."

    Nous gravîmes alors l'escalier. J'ouvrai la marche, c'était certes un peu nouveau pour moi. Enfin, un long couloir s'offrit à nous. J'attendais qu'il monte les derniers petits obstacles de bois puis hésitai :

    "Euh ... Raito, j'aimerais te poser une question qui me turlupine ... Enfin ... Si ça ne te gêne pas bien sûr ..."
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Jeu 5 Avr - 17:39

    « - M-Merci beaucoup ... »

    Un clin d'oeil du jeune homme suffit à répondre à la demoiselle. Il eut une fraction de seconde pour l'observer encore : c'était vraiment une jolie fille, et cette timidité maladive lui donnait un certain charme. Il lui sembla qu'elle méditait sur lui de temps en temps, le regard dans la vague, mais pourtant bel et bien concentrée. S'imaginait-elle qui pouvait-il être vraiment ?
    Dure question, il lui faudrait du temps pour bien le comprendre. Prendre connaissance de sa jalousie majeure, de ses talents, de ses défauts si bien tenté qu'il en ait des embêtants, et ainsi de suite.

    Tous les deux gravirent lentement les marches. Il la secondait, observant la chevelure de jais de la demoiselle. Elle avait vraiment de magnifiques cheveux, qui cascadaient dans son dos, lui donnant tout de suite une certaine... allure. Une certaine présence. Comme quoi, certains petits détails avaient souvent une grande importance dans la vision que l'on nous porte.
    Elle évoluait, posant ses pieds sur les marches, observant tout ce qui l'entourait.
    Raito portait les trois valises, sans grand soucis : il avait de la force, et dans tous les cas, n'aurait jamais montré s'il avait peiné à soulever les bagages. En bon gentlemen, il ne changerait pas ces habitudes-là. Rester parfait et désirable en toutes circonstances.
    Une de ses pensées s'envola vers Sen. Oui, ce cher Sen. Il serait fier de lui, un jour. L'élève dépassera le maître, c'était certain. Il l'aurait, d'une manière ou d'une autre, comme il avait réussi à se faire apprécier de tous.
    Etait-ce cette jalousie qui le poussait à se vouloir impeccable ? A se vouloir le meilleur ? Qui pourrait bien le savoir...

    Ils atteignirent l'étage, et la belle se retourna vers le jeune homme. Quand il vit qu'elle allait parler, il la fixa dans les yeux, sans la brusquer, juste pour lui montrer qu'il l'écoutait. Lui faire sentir qu'il était là, pour elle.

    « Euh ... Raito, j'aimerais te poser une question qui me turlupine ... Enfin ... Si ça ne te gêne pas bien sûr ... »

    Il sourit, pour la mettre à l'aise et posa les valises d'une part et d'autre de ses pieds.

    «  Dis moi, ma chère Nérée, je t'écoute. »

    Ma chère... N'était-ce pas une peu prématuré, n'allait-il pas la choquer ? Non, il avait usé de la plus grande douceur du monde. Il savait la mettre à l'aise, la faire parler. Il ne cessait de sourire, penchant légèrement la tête.


Dernière édition par Raito Takashiwa le Mar 10 Avr - 17:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Jeu 5 Avr - 19:22

    A l'entente de mes mots, Raito posa les valises à terre, toute ouïe, le fixant la tête penchée en signe d'encouragement. Sans m'en rendre compte, je m'étais mise à trembler. A une époque, ma mère puis les médecins pensaient que j'avais des problèmes du systèmes nerveux. Toujours trembler, pour un oui pour un non, mon allure de malade incurable, ou de tarée comme le pensaient certain, tout cela accentuait l'inquiétude que portait ceux qui voulaient mon bien. Ma mère. Un ou deux médecins véritablement compétent. Seulement voilà tout, j'étais juste une timide, une peureuse, une de ces personnes qui a vraiment peur des autres. Alors pour me calmer, je faisais comme à la technique habituelle : je laissais courir mon regard un peu partout. Ainsi donc, mes prunelles quittèrent celles de Raito pour se poser à ses pieds, sur les valises, enfin sur le sol immaculé et dans le fond du couloir. Il semblait sans fin, s'étendre à l'infini, et de ma vision peu développée je devais l'admettre, je voyais à peine le mur qui coupait sa course. Mais la voix de Raito me ramena à la réalité :

    "Dis-moi, ma chère Nérée, je t'écoute."

    Chère ? J'étais ... chère aux yeux de quelqu'un ? Ou bien étais-ce juste un réflexe de la part du jeune homme ? Je fus surprise. Non pas que cela m'eut déplu, bien au contraire, j'étais flattée. D'ailleurs, je sentis le rouge me monter aux joues. Il n'y avait que ma mère pour m'accorder autant de bienveillance, et ce garçon en avait fait plus pour moi que certaines personnes ne pourraient jamais en faire. Cela ne lui semblait peut être pas grand chose, il le faisait probablement parce qu'il n'avait rien de mieux à faire, mais sans s'en rendre compte il m'était d'une grande et précieuse aide. Mais ces réflexions ne prirent qu'une seconde, j'enchaînai déjà :

    "Je ... Je ne veux pas être indiscrète, si tu ne veux pas répondre t'es pas obligé mais ... Ton nom, je veux dire ton nom de famille, c'est celui du directeur alors ... Tu es son frère ou quelque chose dans le genre ?"

    Mes yeux remontèrent dans les siens. Tête baissée mais regard fixe, je songeai à ma question. Lorsque j'étais trop gênée, j'avais un accent français qui transformait mon Japonais en un espèce de charabia mal prononcé. Cela ne faisait qu'un an ou deux que je connaissais la langue, et même si c'est le temps nécessaire à certains pour la maîtriser parfaitement, je n'étais pas une surdouée. Loin de là !

    Et là, ce n'était plus à mon accent mais à ce que je venais de dire que je songeais. Qui étais-je, moi, petite chose insignifiante, pour poser ce genre de questions ? Il était tellement mieux vu que moi ici, puisque la plupart ne me connaissaient même pas étant donné que je venais d'arriver, et je m'adressais à lui avec tant de liberté. En même temps, je me demandais si ce n'était pas favorable ? Être au clair tout de suite, plutôt que de tourner autour du pot et de l'agacer. Et puis, il semblait sympathique et compréhensif, il n'allait pas me sauter à la gorge pour ce genre de chose. Mais il fallait m'excuser, il en allait de mon honneur !

    "Euh ... Désolée pour mon accent ... Le Japonais n'est pas ma langue natale, alors ... Et pardon aussi pour ma question. C'était ... D-Déplacé ..."

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Mar 10 Avr - 13:50

    Après les paroles de Raito, la jolie Nérée se mit à rougir considérablement. Il regretta presque ses dires un peu trop affectifs... Mais finalement, habituer la demoiselle à d'aimables compliments ne pouvait que la tirer vers le haut. La modestie est une chose bien, mais l'être de trop peut avoir un effet... presque destructeur.

    Elle semblait réfléchir quelques instants, puis se resaisissant, elle embrailla, d'une voix à peine plus assurée.

    « Je ... Je ne veux pas être indiscrète, si tu ne veux pas répondre t'es pas obligé mais ... Ton nom, je veux dire ton nom de famille, c'est celui du directeur alors ... Tu es son frère ou quelque chose dans le genre ? »

    Etrangement, un accent français s'était mis à ressortir. Cela fit sourire Raito, cette façon de parler donnait à la jeune fille un petit air des plus charmants. Nérée était donc française ? Il n'avait pas su lui attribuer de nationalité à la base, son prénom étant trop peu commun.
    Elle avait plongé son regard dans celui de Raito, qui la laissa se calmer un peu, avant de se décider à lui répondre. Sauf qu'il n'eut pas le temps de prononcer un mot qu'elle se remettait à s'excuser platement.

    « Euh ... Désolée pour mon accent ... Le Japonais n'est pas ma langue natale, alors ... Et pardon aussi pour ma question. C'était ... D-Déplacé ... »

    Le sourire du jeune homme se fit plus insistant et il secoua la tête. Elle n'avait pas à s'excuser, il n'aurait aucun mal à lui répondre. Absolument aucun.
    Sans vraiment réfléchir, il posa sa main sur l'épaule de la belle Nérée, avant de lui répondre, doucement.

    «  Nérée... Tu n'as pas besoin de t'excuser ainsi. Déjà, ton accent n'est pas un mal. Je le trouve même plutôt charmant. Ca te donne une originalité, je te le jure, et ce n'est pas déplaisant. Tu devrais arrêter de te sous estimer tel que tu le fais. Tu te rends compte, je ne te connais pas réellement, mais je sais déjà que tu as cette impression de déranger sans cesse. Et ne me dis pas que je me plante, je mettrais ma main au feu que je ne me suis pas trompé. »

    Il n'avait pas enlevé sa main de l'épaule de Nérée, et continuait de lui sourire. Ils étaient plutôt proches, et même en sachant qu'elle pourrait en être perturbée, il ne se recula pas. Il voulait la mettre en confiance, étrangement, il la trouvait attachante.

    «  Pour te répondre, je suis le cousin de Sen, le directeur. Et ça ne me gêne pas de te le dire, ici tout le monde le sait. Pourquoi crois-tu que la Vie Scolaire ne me refuse pas grand chose ? Cette secrétaire est une vraie peau de vache, mais comme toutes les autres, elle bave devant Sen le Magnifique. Alors pour se le mettre dans la poche, on est gentil avec le cousin, tu comprends ? »

    Il avait utilisé un ton quelque peu ironique, ne cachant pas vraiment cette relation qu'il entretenait avec son cousin. De la jalousie, une envie de se démarquer, de prouver sa valeur. Constamment.

    «  Ais-je répondu à tes question, Nérée? »

    Il pencha la tête, laissant tomber sa main pour ne plus importuner la jeune Française. Son sourire intarissable finirait bien par la calmer.
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Sam 14 Avr - 7:54

    Raito avait un sourire intarissable. Cela m'apaisait autant que je m'en sentais gênée : était-il toujours heureux, souriant, aimable ainsi ? Ou étais-ce que je lui faisais pitié ? Quoi qu'il arrive, il ne serait pas le premier. Une jeune fille tremblante, timide, frêle, ça ne peut qu'inspirer la compassion ... quoique ...

    Mais là n'était pas la question. Je l'avais coupé sans même m'en rendre compte, mais il n'en tint pas vigueur. Au contraire, à mes excuses, il souri et s'approcha de moi avant de poser sa main sur mon épaule. J'esquissai un sursaut. Le contact était chaud, presque brûlant, mais doux. La chaleur de sa paume contrastait avec mon épaule qui, seulement vêtue d'une robe légère, s'était refroidie. Un frisson me parcourut l'échine, à part ma mère, personne n'avait été si proche de moi. Pas même des amies que je m'étais faite, c'est dire.

    "Nérée... fit-il d'une voix rassurante. Tu n'as pas besoin de t'excuser ainsi. Déjà, ton accent n'est pas un mal. Je le trouve même plutôt charmant. Ca te donne une originalité, je te le jure, et ce n'est pas déplaisant. Tu devrais arrêter de te sous estimer tel que tu le fais. Tu te rends compte, je ne te connais pas réellement, mais je sais déjà que tu as cette impression de déranger sans cesse. Et ne me dis pas que je me plante, je mettrais ma main au feu que je ne me suis pas trompé."

    Mes yeux s'écarquillaient au fur et à mesure qu'il me disait que j'étais une personne pas si déplaisante que je ne le pensais. J'avais l'impression de me décontenancer, depuis que j'avais quitté le cocon maternel, on avait rarement - pour ne pas dire jamais - été si gentil et compréhensif envers moi. Raito était quelqu'un d'exceptionnel, j'aurais voulu avoir la franchise de le lui dire. De lui dire qu'il était une bonne personne, la meilleure que j'ai rencontré jusque là, et celui à avoir tapé dans le mille à plusieurs reprises. J'allais balbutier des âneries, prononcer des mots ou des noms inutiles et qui n'auraient jamais leur place dans une phrase, du genre : "R-Raito ... C-C'est pas ..." avant qu'il ne retire sa main sans se reculer pour me glisser enfin :

    "Pour te répondre, je suis le cousin de Sen, le directeur. Et ça ne me gêne pas de te le dire, ici tout le monde le sait. Pourquoi crois-tu que la Vie Scolaire ne me refuse pas grand chose ? Cette secrétaire est une vraie peau de vache, mais comme toutes les autres, elle bave devant Sen le Magnifique. Alors pour se le mettre dans la poche, on est gentil avec le cousin, tu comprends ?
    - A-Ah ..."

    Il parlait de sa famille comme si de rien n'était. Il était le cousin du grand directeur, il osait le dire, et même cela ne le dérangeait pas de souligner les privilèges auxquels il avait droit. En même temps, il n'y avait pas de quoi rougir pour lui, c'était plutôt une bonne chose et ça s'avérait valorisant. Enfin, c'est ce que j'ai imaginé. Il est clair que parler d'un père qui n'est plus de ce monde lorsque l'on doit causer de sa famille est tout de suite moins glorieux. Mais Raito, si honorable qu'il fut, ne s'en ventait pas. La façon qu'il avait d'employer un ton sarcastique le prouvait, et si on y faisait attention, on pouvait même déceler un peu de défi dans sa voix.

    Il ne s'était pas éloigné, ce qui me permettait de constater à nouveau la tête qu'il avait de plus que moi. Un sourire toujours radieux l'arborait. C'était comme s'il souriait à chaque fois que je me sentais gênée : c'est à dire tout le temps. Je n'avais jamais vu quelqu'un comme ça, c'était dingue. Il me demanda, semble-t-il, s'il avait satisfait ma curiosité. Je ne fis plus trop attention à ses dire le temps d'une seconde, durant laquelle j'avais constaté au combien j'étais insignifiante par rapport à lui. Il était gentil, beau garçon, lucide et je le devinais intelligent. J'étais un insecte, mais il me prenait en considération comme si j'avais été "à sa hauteur".

    "E-Euh ... Oui, oui. Merci. Pa ..."

    Je m'arrêtai net. Pa ... Vite, il fallait que je trouve un moyen de me sortir de la mouise dans laquelle je m'étais accidentellement mise. J'étais si étrangère aux hommes, et si obsédée par le décès de mon père, que j'allais tout bonnement l'appeler papa. Quelle idiote, mais quelle idiote ! Il m'avait semblé si rassurant, si "grand" - au sens figuré comme littéral - que je me sentais comme une petite fille. Et instinctivement ...

    "Pardon, repris-je déboussolée."

    Un rire nerveux. C'était vraiment un rattrapage de justesse, je n'en avais que rarement réussit, et bien que ce dernier fasse partie de mes plus astucieux, il était tout de même bidon. Je passai ma main dans ma nuque, baissant la tête mais ne quittant pas Raito des yeux. A trop être en confiance, on en fait des bêtises ...
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Dim 15 Avr - 17:48

    Mais qui es-tu, chère Nérée ?

    Quand la main de Raito s'était posée sur son épaule, elle avait tressaillie, puis il avait remarqué de légers frissons lui parcourant l'épiderme. Une réaction était prévisible, ils ne se connaissaient presque pas - même s'il avait l'impression d'être déjà un tant soit peu renseigné sur la jeune demoiselle, rien que par les comportements qu'elle avait - mais la voir ainsi sursauter, comme si le contact humain la mettait réellement mal à l'aise était surprenant. Elle semblait réfléchir, chaque seconde, quand elle buvait les paroles emplies de confiance, de tendresse et de douceur du musicien ; elle donnait l'impression de ne pas vraiment douter et être effrayée de lui, mais plutôt... d'elle-même.
    Quand il s'était mis à proférer des compliments, qui n'était que la stricte vérité, elle avait écarquillé les yeux, n'avait pas su que répondre. Une petite syllabe était sortie de sa bouche « A-Ah... », mais rien de plus. Elle semblait constamment refouler des paroles, quelque chose l'empêchait de parler. Malgré les démonstrations d'attention de Raito – un regard, pencher la tête... - elle n'y arrivait pas.

    Quand il avait parlé de son lien de parenté avec le directeur, il avait lu dans les yeux de Nérée comme une sorte d'admiration. Pourquoi ? Il était incapable de le dire. Mais elle semblait, encore une fois, gênée de quelque chose. Alors, au lieu de lui retourner la question pour en savoir plus sur sa famille, il lui demanda simplement, tout sourire, si ses réponses lui convenaient. A quoi bon la mettre mal à l'aise encore plus. Il n'en tirerait pas satisfaction, et puis, ce n'était pas le moment. S'il était assez doué pour lui parler plus longuement et la mettre à l'aise, il pourrait savoir tout ce qu'il voudrait.
    Raito était un manipulateur, capable de soutirer nombre d'information, quand bon lui semblait. Avec Nérée, ce n'était pas pour une satisfaction personnelle réellement. Il avait l'impression d'avoir un but : rendre ses ailes à cette petite chose fragile, la faire sourire et se livrer un peu plus facilement. Il savait qu'il y arriverait, oui, il avait une très grande confiance en lui (une trop grande, surement, mais chacun possède ses défauts, n'est ce pas).

    Elle lui répondit en bégayant, et terminant étrangement sa phrase. « Pa... ». Raito fit mine de ne pas avoir remarqué le malaise, quand elle s'arrêta brusquement. Pour reprendre, un brin déboussolée visiblement : « Pardon ».

    Raito pensa immédiatement au réel mot qu'elle s'apprêtait à prononcer. Vu l'intonation qu'elle avait prise... Papa. Elle allait l'appeler Papa. A coup sûr. Une fois de plus, il fit comme si de rien n'était, n'altérant pas son attitude affectueuse. Quand elle émit un petit rire nerveux, il l'accompagna, en répondant :

    « Tu n'as pas à me dire pardon ! »

    Il ne s'attarda pas sur le sujet, Nérée avait rougi, sa main sur la nuque. Pour détendre l'atmosphère, il préféra embrayer directement, ne laissant aucun silence s'installer.
    Il ramassa les valises, et plongea ses yeux dans ceux de Nérée. Un quart de seconde, il se dit qu'elle était vraiment une très jolie fille. Avec un certain charme. Mais il revint à son but premier. La rassurer.

    «  Regarde, ta chambre est ici, passe moi ta clé si tu veux bien.  »

    Quand elle lui tendit la main, il attrapa la clé, doucement, faisant glisser ses doigts entre ceux de Nérée. Oui, il avait fait exprès de la toucher. Pourquoi ? La rassurer encore ? Par satisfaction personnelle, juste à cause d'une pulsion ? Pour essayer encore une fois de la décoincer, comme avec la main posée sur son épaule ? Stratégique Raito, qui aurait pu s’immiscer dans son esprit. Néanmoins, il s'avança vers la porte, et fit cliqueter la serrure.

    «  La chambre de Mademoiselle... »

    Il n'avait pas pris la peine de toquer, les colocataires avaient surement cours. Il ne s'était visiblement pas trompé d'ailleurs, la chambre était vide. En bon gentlemen, il fit signe à Nérée d'entrer, la précédant avant de refermer la porte, valises en main.
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Lun 16 Avr - 18:34

    "Tu n'as pas à me dire pardon ! s'était-il exclamé.

    Avait-il compris ? En tous cas, même s'il le cachait, il était évident qu'il avait capté mon malaise, d'ailleurs n'importe qui l'aurait perçu. Je n'étais pas douée pour cacher mes sentiments, même si la plupart des gens affirmaient le contraire à mon sujet, disaient que j'étais secrète et mystérieuse. Ils ne savaient pas voir, voilà tout, et j'en avais une bonne preuve : Raito qui ne me connaissait que depuis peu avait vu juste chaque fois qu'il m'avait décrite. En même temps, il semblait particulièrement doué pour cerner les gens, il était observateur c'était certain, et puis avec sa popularité, il avait du rencontrer un grand éventail de personnes différentes. Mais pour l'heure, afin qu'un blanc ne s'installe pas, il avait empoigné les valises et pointé d'un geste du menton une porte voisine.

    "Regarde, m'indiqua-t-il, ta chambre est ici, passe-moi ta clé si tu veux bien.

    Sans dire mot, je tendis l'objet précieux vers le jeune homme en m'armant d'un sourire un peu plus franc qu'à l'habitude, tenant le petit bout de métal entre mon pouce et le flan de mon indexe. C'est alors qu'une fois de plus il sut me voler un sursaut en glissant ses doigts entre les miens. A nouveau ce fut le contraste entre sa chaleur et le froid qui habitait mes membres qui me surprit, puis une fraction de seconde plus tard le geste en lui-même. Le faisait-il exprès ? Pour me bousculer ? Ou au contraire me faire savoir qu'il m'appréciait ? Si ça se trouve, il n'avait tout simplement pas fait attention et je me faisais des films ? Je rougi un peu mais tenta de ne pas le montrer, exploitant le peu de self-control que j'avais sur moi. C'est alors qu'il rentra la clé dans la serrure tout en tenant les bagages, n'ayant aucun mal à porter les valises tout en effectuant un mouvement de "précision". Oui, même avec les mains vide, il m'arrivait de galérer durant cinq bonnes minutes pour ouvrir ou fermer une porte à clé. En même temps, l'entrée de mon studio était à refaire, peut être qu'avec des outils moins piteux, j'aurais eu moins de mal ... De toutes façons, cette époque était révolue, puisque ma vie commençait ici, à Shuwan, où je pourrais exploiter mon art et vivre avec des gens qui comme moi étaient des artistes. Ne me soucier que de peindre, dessiner, m'amuser et me perfectionner. Le rêve de n'importe qui je pense. La voix de Raito me sortit de mes songes.

    "La chambre de Mademoiselle ... me fit-il tout en me présentant l'entrée."

    Je lui lançai un sourire que je voulais le plus joyeux possible - malgré ma gêne - tout en passant devant lui, acceptant sa galanterie volontiers, pour entrer dans la pièce. Je l'entendis refermer la porte derrière nous, mais j'étais plus occupée à détailler les lieux. Après tout, j'allais vivre ici si je n'étais pas en cours. Quelques lits, disposés l'un au-dessus de l'autre pour exploiter le petit espace de la pièce, jonchaient les murs sobres peints uniformément de blanc, tandis que dans les coins quelques rangements permettaient aux pensionnaires de mettre leurs valises au placard pour quelques temps. C'était petit et sobre, mais magnifique. Sur la pointe des pieds tant j'étais heureuse d'arriver au point de chute, les yeux grands ouverts et les cils papillonnants, les mains rassemblées sur mon thorax pour contenir les battements de mon coeur, je poussai un "Ouaaah !" impressionné et extasié. Je fis volte-face pour planter des yeux rieurs dans ceux de Raito.

    "Elle est vraiment superbe, cette chambre ! m'exclamais-je. Merci encore de m'y avoir emmenée !"

    A présent, je n'étais presque plus gênée, oubliant mes idioties et étourderies précédentes. Ne comptait plus que le fait que j'étais presque installée. Bien sûr, j'attendrais la venue de l'une de mes colocataires pour m'installer, les lits étant tous faits et les armoires identiques ne me laissant pas deviner quels espaces appartenaient à qui. J'invitai Raito à poser les valises, sur quoi je jetai un dernier coup d'oeil dans la chambre. C'était si différent de mon studio, presque aussi petit et partagé entre plusieurs personnes, mais je m'y sentais libre comme jamais. Au fond de la pièce, une grande fenêtre laissait vivement passer le soleil qui s'était affirmé depuis mon réveil. Je m'y postai et osai un regard au dehors. Une sublime vue sur le parc verdoyant s'offrait à moi. Au loin se dessinait un arbre plus imposant que les autres qui semblait abriter un lieu caché et mystérieux, tandis qu'aux premiers plans un chemin de pavés parcourait l'herbe proprement tondue, tout comme des bancs étaient disposés par-ci par-là. Je nourrissais déjà dans mon esprit des esquisse pour mes futures peintures. Je quittai alors la vue des yeux pour faire à nouveau face à Raito.

    "J-Je ne sais même pas comment te remercier ...
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Mar 17 Avr - 8:13

    Nérée lui avait lancé un sourire radieux. Elle avait semblé plus à l'aise cette fois-ci, enthousiaste, ne s'était pas cachée derrière sa profonde gêne comme à son habitude. Elle était émerveillée par son nouveau chez elle visiblement. C'en était presque touchant.
    Elle détaillait sa chambre, main sur le cœur, hissée sur la pointe des pieds, elle cherchait à capter chaque détail, tournant la tête et papillonnant des cils.
    Il y avait quelque chose de profondement enfantin dans sa réaction, et cela aurait presque attendri le musicien.
    Quand elle se mit à pousser un « Ouaa... », il ne put s'empêcher de pousser un léger rire amusé. Mais d'où venait-elle pour s'émerveiller à ce point devant une si petite pièce aux murs si blancs ?
    Elle fit volte-face pour planter son regard à l'expression si joyeuse dans les yeux de Raito.


    « Elle est vraiment superbe, cette chambre ! Merci encore de m'y avoir emmenée ! »

    D'un petit signe de la tête accompagné d'un clin d'oeil, il lui fit comprendre qu'elle n'avait pas à le remercier, que c'était tout à fait normal.
    Depuis qu'elle avait découvert la chambre numéro 3, elle n'avait plus cet air timide, étourdie, comme si elle ne se sentait pas à sa place, cette sensation de déranger. Elle était, parfaitement et profondement heureuse.
    Quand elle l'invita à poser les valises, il se pencha pour les coller au mur le plus proche. A peine se fut-il redressé qu'il put la contempler en train d'admirer la vue du parc par la fenêtre.

    La lumière faisait rayonner sa peau laiteuse, briller ses cheveux, et lui donnait un air serein. Son bonheur, à cette seconde précise, semblait être la liberté et le changement occasionné par son arrivée. Raito en déduit qu'elle avait surement beaucoup d'antécédents, et qu'il serait surement capable d'en apprendre un peu plus un jour.
    Le coupant dans sa réflexion, elle se retourna légèrement, pour se remettre à lui parler.

    « J-Je ne sais même pas comment te remercier ...  »

    Raito laissa échapper un petit rire charmeur, absolument pas moqueur, avant de répondre, ne cessant de sourire, et posant encore une fois sa main sur l'épaule nue de Nérée. Il n'eut même pas le temps de se demander si elle allait sursauter, il embrayait déjà.

    «  Nérée, tu n'as aucunement besoin de me remercier, je n'ai fait que te guider à ta chambre... »

    Non, à l'évidence, au vue des réaction de la jeune fille, il n'avait pas fait que ça. Mais soit, il continua.

    «  Mais si tu cherches un moyen de me remercier quand même, laisse moi t'inviter quelque part, quand tu le souhaiteras, ce soir par exemple, pour fêter ton arrivée. Hein, qu'en dis-tu ma chère Nérée? »

    Rapide ? Peut-être. Mais il avait envie de la découvrir encore. De plus, cette arrivée semblait représenter tellement aux yeux de la petite Française qu'il se devait de marquer le coup et de fêter ça.
    Il planta son regard au plus profond des yeux de Nérée, captant son regard à elle, pour essayer de soutirer ses émotions. Et il souriait, bien évidement.
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Mar 17 Avr - 12:23

    Raito esquissa un rire peu profond dès que je lui eus parlé, ce qui m'arracha sans que je le veuille un air étonné. Il n'était en rien narquois, mais disons qu'il avait ce léger mystère dans son sourire, il devait en faire tomber plus d'une rien qu'avec ça ... et je devais avouer que moi-même je le trouvais plutôt charmant ... Finalement, il parcourut la petit pièce en quelques pas seulement afin de s'approcher pour à nouveau poser sa main sur mon épaule. Je ne m'effrayai pas cette fois-ci, en fait je l'avais prévu, quand il s'approchait comme ça c'est qu'il allait faire quelque chose du genre.

    "Nérée, tu n'as aucunement besoin de me remercier, je n'ai fais que te guider à ta chambre ..."

    S'il savait ce que cela représentait pour moi ! Sans lui, à cette heure-ci, j'aurais été encore assise sur les marches, la tête entre les mains, quasiment en train de m'endormir. C'est vrai que sans son aide, je n'aurais pas osé demander plus expressément la clé, tout comme aborder un élève qui passait par là aurait été inimaginable. Non, il m'avait vraiment sorti de la mouise, et bien que j'aurais voulu le lui dire, mes lèvres étaient comme scellées de stupéfaction.

    "Mais si tu cherches un moyen de me remercier quand même, poursuivit-il, laisse-moi t'inviter quelque part, quand tu le souhaiteras, ce soir par exemple, pour fêter ton arrivée. Hein, qu'en dis-tu ma chère Nérée ?"

    Il était la seule personne avec qui j'avais envie de passer la soirée, et mieux encore, il me le proposait. Mais étais-je en train de profiter de la gentillesse d'un jeune homme que je connaissais à peine ? Bien entendu, s'il me demandait, c'était qu'il n'était pas contre, mais il avait déjà fait tellement, et il semblait ne jamais vouloir s'arrêter ... Je fus partagée entre ma raison qui me disait de profiter de ma première soirée pour être en bon terrain d'entente avec mes colocataires, pour ranger mes affaires et prendre mes marques; et entre mon coeur qui me conseillait de faire comme je l'entendais, c'est à dire passer une soirée en compagnie d'une personne agréable. Mais je fis taire bien vite ma raison pour une fois, ayant l'envie de lui sauter au cou de joie. Me contenant, je fis un sourire enjoué rejoignant mes mains dans mon dos.

    "Avec un énoooorme plaisir !"

    Ce disant, j'accentuai mon sourire, prenant exemple sur Raito. Sans se forcer, tout naturellement, il arborait ce sourire qui mettait en confiance et qui donnait l'envie de le connaître plus. Mais finalement, je ne connaissais rien de lui. Juste qu'il était quelqu'un de bien. Ses relations avec le directeur m'étaient étrangères, bien que, au vu de l'intonation qu'il avait précédemment prise en parlant de lui, il semblait en compétition. Mais même en dehors de cela, de son lien de parenté avec M. Takashiwa - avec qui on devait lui prendre le choux fréquemment -, avait-il eu une enfance heureuse ? L'un de ses parents était peut être décédé lui aussi ? Ou bien était-il en conflit avec eux ? Pire encore, peut être était-il adopté ... ? Je me reprochais souvent de m'enfermer dans mes problèmes, mais ma timidité m'empêchait de donner l'impression d'être une oreille attentive. Pourtant je voulais aider les gens, faire ce qui était en mon pouvoir pour améliorer leur vie, qu'ils soient ennemis ou amis. Plus encore avec Raito, à qui je devais un nouveau départ réussit. D'un autre côté, je risquait peut être de me mettre certaines filles à dos en me faisant inviter par l'un des garçons les plus populaires, alors que je venais d'arriver. Ce n'était pas grave, au final, je n'avais rien à faire avec des gens qui se froissaient pour si peu. Sur ces pensées, machinalement, je posai ma main sur celle de Raito qui n'avait pas quitté mon épaule, toujours souriante :

    "Je ferais mieux de me rendre sortable avant ce soir, alors ? fis-je en plaisantant."
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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Mer 18 Avr - 12:39


    « Avec un énoooorme plaisir ! »

    Elle avait semblait hésiter un instant avant de répondre d'une manière si... enthousiaste. Etonnament enthousiaste. Elle qui avait été réservée depuis le début, la voilà qui harborait un splendide sourire. Ce qui eut pour effet de faire pétiller de joie les yeux de Raito. Ils avaient fait un pas, ensemble. Elle s'était un peu ouverte à lui. Petit à petit, et il s'en félicitait.

    Puis elle fit un geste qui l'étonna énormement, qui eut le don de le surprendre profondement. Elle posa délicatement sa main sur celle de Raito encore logée sur son épaule. Il n'esquissa aucun mouvement de surprise, mais si elle était bonne observatrice, elle aurait remarqué le léger clignement des yeux du jeune homme, une drôle d'expression dans son regard.
    Stupéfiante jeune femme...

    « Je ferais mieux de me rendre sortable avant ce soir, alors ? »

    Elle avait parlé d'un ton rieur, il laissa échapper un petit rire. Se rendre sortable, alors qu'elle était déjà si préparée ? Il connaissait l'esprit féminin, en tout cas assez pour savoir que pour elles, ce n'était jamais assez.
    Il pencha la tête sur le côté, pour l'observer encore. Elle n'avait plus les joues rougies. Elle semblait à l'aise maintenant. Et tant mieux.

    «  Je vais te laisser déballer tes affaires, et te rendre sortable comme tu dis » dit-il en laissant s'échapper un nouveau petit rire.

    Il se mit à retirer sa main de l'épaule de Nérée, mais emportant celle de cette dernière entre ses doigts. Comme un gentlemen, il fit mine de la porter à ses lèvres pour y déposer un petit baiser. C'était théâtral, mais il s'y amusait fortement.
    Laissant retomber la main de la jeune femme, il rajouta.

    «  Je passe te chercher vers 19 heures, et nous pourrons aller où tu le souhaites. En boîte, ou même dans un restaurant. C'est moi qui offre. »

    Il se retourna, s'avançant vers la porte. Il abaissa la poignée et l'ouvrit en grand. Mais avant de passer le pas de la porte, il fit volte face, désignant un des quatre lits.

    « Au fait. D'après mes observations, tu devrais occuper ce lit. Installe toi bien! »

    En effet, son sens de l'observation était infaillible. Un bout de robe qui dépassait de quelques millimètres d'une armoire, une lime à ongle posée sur une table de chevet...

    Il lui lança un dernier clin d'oeil, puis ferma doucement la porte derrière lui.

    Laissant sa petite protégée ainsi seule, il partit vaquer à ses occupations. Pour le moment, il se baladait tout simplement, sans but. Le parc ? Oui rendons-nous au parc, il y aurait bien d'autres personnes dans le même cas que lui.
    Mains dans les poches, il se mit alors à déambuler dans les couloirs. Dans ses couloirs. Oui, c'étaient les siens, à présent. Cette idée fit briller une sourire au coin de ses lèvres.

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MessageSujet: Re: [FINI] La boule au ventre ... Mer 18 Avr - 14:36

    Je n'y avais pas fait attention tout de suite, mais il m'avait semblé que Raito avait été prit d'un peu de surprise lorsque j'avais posé ma main sur la sienne. Non pas qu'il veuille se retirer ou qu'il se soit effrayé, mais un clignement plus vif des yeux, cela suffisait à me dire combien ma réaction avait été ... insoupçonnée. Il était vrai que, emportée par l'enthousiasme et le vent de fraîcheur de cette nouvelle vie, j'avais quasiment oublié ma gêne. Je n'attendais pas tant de mon arrivée ici, j'étais agréablement surprise, par la chambre déjà mais surtout par Raito. La façon dont il s'était comporté avec moi, celle avec laquelle il m'avait empêché une première journée ennuyeuse voir décevante, était inespérée. Je lui en serais à jamais redevable.

    Un petit rire amusé s'extirpa de ses lèvres, comme brumeux. Il pencha sa tête sur le côté, me détaillant encore, un air très légèrement intrigué au visage. Etais-je si étrange ? Pourtant, c'était sûr, il avait du déjà rencontrer des personnes comme moi. En étant si populaire, il avait obligatoirement été confronté à des gens semblables. C'était sûr. Mais pourtant, il ne m'était pas désagréable que quelqu'un s'intéresse de la sorte à mon sujet. C'était si rare ...

    "Je vais te laisser déballer tes affaires, et te rendre sortable comme tu dis, m'interrompit-il dans mes pensées."

    Un nouveau rire, un peu plus franc. Finalement, il retira sa main de mon épaule, tenant mes doigts entre les siens, la portant presque à ses lèvres sous mon air pétrifié de gêne. C'était si imprévu, si impensable, qu'une douleur m'en habitat l'estomac pour une fraction de seconde. Je crus me glacer sur place, jusqu'à ce qu'il laisse tomber ma main, me laissant plantée là, comme une incomprise, les bras ballants. La bouche entrouverte, je me dépêchai de la fermer pour déglutir, le feu aux joues.

    "Je passe te chercher vers 19 heures, et nous pourrons aller où tu le souhaites. En boîte, ou même dans un restaurant. C'est moi qui offre.
    - M-Merci beaucoup ..."

    La première fois de ma vie que je me faisais inviter, qui plus est par un charmant jeune homme, et, encore une chose nouvelle, il me proposait d'aller en boîte. Je n'y avais jamais mis les pieds, à dire vrai, en même temps je n'en avais pas trop l'âge. Raito fit volte-face, appuya sur la clenche sans un bruit, ouvrit la porte mais me refit face avant de s’éclipser.

    "Au fait, d'après mes observations, tu devrais occuper ce lit, lança-t-il en démontrant une couche du doigt. Installe-toi bien !
    - Ah ! Euh, merci encore !"

    Je ne pus confirmer ou non s'il avait entendu mes remerciements, il était si secret, si proche et en même temps si distant, que je ne saurais dire si il aurait plus réagit en entendant ma petite voix. Il me fit un clin d'oeil, auquel je répondis par un sourire, puis sa vue me fut coupée par la porte qu'il venait de refermer en un bruit sombre mais discret. Je demeurai debout comme une pauvre cruche une petite minute, ne comprenant pas ce qu'il venait de se passer aujourd'hui. Cette rencontre, cet établissement, tout s'était bousculé dans ma tête. Puis je repris mes esprits et avançait vers les valises pour les placer près du lit que Raito m'avait conseillé. J'avais confiance en lui, enfin je ne m'étais même pas demandé sur quoi il se basait, cela venait de lui alors il m'eut parut naturel que c'était vrai. J'ouvrai le premier sac, celui avec les vêtements, et par une toute simple déduction j'accaparai la commode qui était libre. Consciencieusement, lentement mais sûrement, le tout bien plié en faisant attention de passer le plus inaperçu pour les colocataires qui n'allaient peut être pas tarder (j'avais perdu la notion du temps depuis mon arrivée à Shuwan). Une fois que cela fut fait, je la glissai sous le lit pour entamer d'ouvrir celle pleine d'effets personnels. Quelques photos se perdaient au milieu des idioties que ma mère m'envoyaient régulièrement -argent dépensé que, pour tout vous dire, j'aurais préféré voir dans l'enveloppe-, dont l'une de mon père qui m'arracha un sourire doux et attristé, comme j'en faisais rarement. Je décidai alors de laisser cette valise pour plus tard, la calant dans un coin pour qu'elle ne gêne personne en attendant. J'entrepris donc d'alléger mon sac de cours en rangeant les cahiers dans les étagères encore vides de la toute petite commode, puis je songeai à ce soir. Je voulais être des plus classes pour Raito, par principe, et même si j'étais sortie seule, il me fallait d'être présentable. Le problème était que je n'avais pas de tenue un peu "spéciale" pour les occasions, mes boulots de cette dernière année ne me permettant pas d'excès. Et les cheveux ? Lâchés ? Ou non ? Que de questions idiotes qui ne m'auraient pas traversé l'esprit ne serais-ce que quelques jours plus tôt. Une légèreté que je n'avais me semble-t-il jamais connu. Ne me restait qu'à attendre la venue de mes colocataires, pour passer la journée, et attaquer cette soirée que, je devais l'avouer, j'appréhendais quelque peu ...

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