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L'art est fait pour troubler
 
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Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée]

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MessageSujet: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Ven 20 Avr - 20:43

Spoiler:
 


Sa main se posa sur la poignée de son tiroir, et il l'attira vers lui. Entreprenant de fouiller dans ledit tiroir, il entendit une petite voix derrière lui. C'était une de ses colocataires, qui, allongée sur son lit en train de dévorer un roman particulièrement imposant, se questionnait en le voyant ainsi affairé.

«  Tu sors ce soir, Rai-chan? »

Sans même détourner le regard de ses vêtements, il lui répondit rapidement qu'en effet il avait un rendez-vous à 19 heures, c'est à dire d'ici une dizaine de minutes.

« Tu devrais te dépêcher alors, tu n'as plus beaucoup de temps devant toi! » avait-elle lancé.

Sans blague. Son but était-il de le stresser encore plus ? Soudain, il trouva ce qu'il lui fallait. Un pantalon beige, une tee shirt dans les tons jaunes à imprimés et une veste aux allures de blouson d'université américaine [1].
Se tournant vers sa colocataire, il lui fit signe de détourner les yeux, mais la connaissant, elle n'en ferait rien. Mais il n'avait plus le temps de faire des chichis et se déshabilla, sous les sifflements de la demoiselle, qui n'avait pas su résister à l'envie de l'embêter.
Après avoir émi un soupir, il enfila sa nouvelle tenue, et mis son porte-monnaie dans sa poche. Il se pressa d'aller enfiler ses chaussures.

Il lâcha un « Bonne soirée ! » attif en direction de sa colocataire, avant de refermer brusquement la porte. Il regarda furtivement sa montre : 18h58. Il était dans les temps. Marchant d'un pas vigoureux, il se dépêcha de rejoindre la chambre marquée du numéro trois.

Nérée était déjà surement prête, l'attendant peut-être. Il espérait n'avoir pas mis trop de temps à son goût...
Ce soir, il avait décidé de l'emmener dans un bar assez animé et apprécié de la ville, à la place de la boîte de nuit. Il y ferait moins chaud, et ils pourraient parler plus tranquillement. Et comme l'animation était sans cesse présente, si elle désirait danser, il n'y aurait aucun soucis !
Tous les avantages de la discothèque, sans les inconvénients. Que demander de mieux ? Et puis, ainsi, il lui aurait fait découvrir un petit lieu sympa où elle pourrait venir plus tard, durant son séjour à Shuwan.

Passant une main dans ses cheveux, et se débrouillant pour se donner une attitude décontractée quand il arriva devant la porte de Nérée, il approcha sa main du bois peint immaculé.
Il tapa trois fois, avant de laisser retomber son bras.
Derrière la porte, il entendit des pas, puis la serrure cliqueter. Il se parât de son habituel sourire éclatant quand la jeune demoiselle ouvrit soudainement la porte.

« Je ne suis pas trop en retard j'espère. Direction un bar vraiment sympa ma chère Nérée. J'espère que tu t'y plairas! »
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Sam 21 Avr - 10:46

    Une robe ? Non, nous allions sortir de soirée, j'aurais eu froid. Une jupe ? Non seulement c'était le même problème, mais cela pourrait paraître vulgaire. Un pantalon ? N'aurais-je ainsi pas l'air d'une coincée ? Un short ? Et là c'était tous les inconvénients en même temps. Torturée de questions superficielles et idiotes, je lançais un regard soucieux à ma garde-robe. Et en haut, un tee-shirt ? J'aurais l'air trop décontractée. Un pull ? Et pourquoi pas un col roulé tant que j'y étais ! Un débardeur ? Non, tout cela était trop fin, et je n'avais pas de veste qui semblait pouvoir s'accorder avec quoi que ce soit. De toutes façons, quoi que je mette, j'aurais l'air d'une fille des campagnes à côté de Raito. Voyons voir ... Qu'aurait-il apprécié que je porte ? Je n'allais pas demander conseil à mes colocataires, je voulais les laisser tranquilles, alors je n'avais qu'à me mettre à la place de mon accompagnateur. Hmm ... Rien n'avait d'issue, et pire encore, l'heure approchait dangereusement sachant que ma coiffure et mon maquillage n'étaient pas au point. Quitte à mettre quelque chose qui aurait de toutes façons l'air pitoyable, j'entrepris de sortir une tenue qui me plaisait personnellement. Un cadeau d'une amie lorsque je suis partie pour le Japon il y a de ça un an. Une robe mauve qui laissait apercevoir mes frêles épaules aux manches bouffantes, descendant à mi-cuisse où de la dentelle chocolat prenait le relais [♦]. Elle se portait avec, au dessous, un top chocolat se fermant dans le cou, et à dire vrai, je ne pensais jamais la mettre tant cela me gênait de montrer mes jambes, la naissance de ma poitrine et ma nuque. Mais ce soir était un grand soir, et la valeur sentimentale que j'accordais à ce vêtement avait effacé mes complexes. Discrètement, je m'éclipsai vers la salle de bain où je me changeai en vitesse puis me postai au miroir, prête à affronter de nouvelles questions qui, pour ce soir au moins, étaient essentielles.

    La coiffure. Mes cheveux étaient tout simplement affreux. Ayant tout juste de quoi payer le loyer et à manger, je ne m'autorisais même plus le coiffeur. Il m'arrivait de me couper les cheveux moi-même quand leurs pointes étaient abîmées, ce qui avait donné cet amas de spaghettis hideux couvrant mon crâne. Mais il n'était pas - plus ? - l'heure de se soucier de sa santé capillaire. Je devais camoufler la misère. Je passai une main sur le haut de ma tête, secouant ma chevelure un tantinet ondulée, avant de faire glisser quelques mèches entre mes doigts. Je fis une queue de cheval fictive de mes mains pour les laisser retomber, hésitante. Attachés ? Lâchés ? Relevés ? Lissés ? Je ne savais trop que faire, soupirant d'inquiétude. Un rapide coup d'oeil sur l'heure : 18h45. Plus vite, plus vite ... Puis, une idée me vint : les rassembler tout en laissant apparaître leur longueur (qui était leur atout). Je rassemblai toute ma chevelure sur un côté et débutai une tresse large, la finissant d'un élastique aux couleurs de la robe. Je sortis une mèche de chaque côté, encadrant mon visage, puis sortis le maquillage. Je ne me maquillais presque jamais, j'avais d'ailleurs perdu la pratique, mais tant que c'était léger ça ne pouvait pas être si gênant. Un peu de brun sur les yeux, pas plus, c'était suffisant.

    Je ressortis avec un peu de honte de la salle de bain, mais fort heureusement, personne ne me fit de commentaire. Tant qu'on n'y faisait pas attention, ça allait ... quoi que quelque part, j'aurais bien aimé que Raito me fasse une remarque, positive ou non. Je battis des cils pour chasser ces pensées, puis m'assis sur mon lit en attendant sa venue. J'en profitai pour enfiler les chaussures : des spartiates montantes jusqu'aux mollets. Il était presque l'heure, j'étais anxieuse, et surtout fin prête. Quelques minutes avant que 19 heures ne sonne. J'eus envie de me ronger les ongles, mais cela aurait fait malpropre, alors je m'en retins. Nerveusement cependant, je tapotais sur mes jambes, jusqu'à ce qu'une de mes colocataires ne me lance un regard meurtrier, me faisant bien comprendre que de me voir gesticuler de la sorte la stressait elle aussi. Je ne cherchai pas à comprendre et m'arrêtai, quand on toqua trois fois à la porte. J'étais si impatiente que je m'en effrayai, sur quoi je m'empressai d'ouvrir. Il était là, sourire ravissant aux lèvres - tout comme lui, soit dit en passant -, devant mon regard ébahi.

    "Je ne suis pas trop en retard j'espère. Direction un bar vraiment sympa ma chère Nérée. J'espère que tu t'y plairas !"

    Je m'étais habituée à ce qu'il m'appelle "chère Nérée", bien que c'était toujours aussi doux et plaisant à mes oreilles. De plus, il n'était pas du tout en retard, et peu importe l'endroit, avec lui je m'y plairais certainement. Mais soit, un bar, cela m'allait.

    "Tu es tout juste à l'heure ! fis-je en souriant. J-Je viens de finir de me préparer."

    Ce disant, je sortis dans le couloir, faisant un "coucou" de la main à mes colocataires, me retrouvant seule avec lui. J'aurais voulu avoir quelque chose à lui offrir, mais j'étais si nouvelle et perdue ici, que j'avais eu peur de quitter la chambre. A défaut, je lui avais fait quelque chose. Oui oui, "fait", en utilisant le peu de matériel artistique que j'avais emmené. J'avais eu toute cette journée pour lui faire une petite poupée en ficelle, et j'hésitais maintenant à la lui offrir, elle était si insignifiante par rapport à ce qu'il avait fait pour moi. Mais courage, mes efforts de la journée passée n'étaient pas vains !

    "E-Euhm ... Je t'ai fais un petit cadeau. Je savais pas s'il y avait des boutiques alors j'ai rien pus acheter, et c'est vraiment pas grand chose mais .... euh ... Tiens, balbutiais-je en tendant le petit objet entre mes petits doigts fins."

    Elle m'avait semblé belle quand je l'avais faite, mais devant son charisme à lui, sublimé par sa tenue, elle avait l'air d'un bout de chiffon trouvé dans une poubelle. J'eus peur qu'il la refuse tant elle était laide, cette poupée.
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Sam 21 Avr - 17:55

    "Tu es tout juste à l'heure ! J-Je viens de finir de me préparer."

    Avant de lui répondre, il l'observa quelques secondes en souriant. Sa tenue lui allait à merveille, dévoilant ses jambes et la naissance de son cou. C'était une robe mauve accompagnée de dentelle marron, sous laquelle elle avait placé un top de la même couleur que ladite dentelle. Elle avait même ramené ses cheveux en une longue tresse qui mettait joliment son visage en valeur. Avait-elle passé beaucoup de temps à choisir sa tenue ce soir-là ? Au fond, Raito pensait que oui, au vu du caractère de Nérée, elle avait du vouloir être parfaite. Et au fond, elle avait gagné son pari.

    "Tu es vraiment très jolie dans cette tenue, Nérée."

    Son commentaire avait été des plus sincères, il était vrai qu'elle rayonnait ce soir-là. Et maintenant qu'ils se connaissaient un peu mieux, elle était plus à l'aise, et cela se voyait à son visage -à peine- plus détendu. Il le ponctua d'un aimable sourire, et l'attendit quand elle salua ses colocataires avant de refermer la porte.
    Mais alors qu'il s'apprêtait à s'avancer dans la couloir pour rejoindre la sortie, elle s'arrêta et fouilla dans ses affaires.


    "E-Euhm ... Je t'ai fais un petit cadeau. Je savais pas s'il y avait des boutiques alors j'ai rien pus acheter, et c'est vraiment pas grand chose mais .... euh ... Tiens."

    Raito parut très étonné. Un cadeau ? Mais pourquoi donc s'était-elle donnée cette peine ? De plus, elle l'avait confectionné...
    Elle lui tendit alors un petit objet qu'il réceptionna dans sa main droite. C'était une petite poupée faite de bout de ficelle. Raito toucha la matière, observa le tissage, puis releva ses yeux vers la jeune femme.

    "Merci beaucoup Nérée. Elle est magnifique ta poupée. J'en prendrai grand soin, je t'en fais la promesse. Ca me touche beaucoup, vraiment."

    Elle avait paru anxieuse à l'attente de sa réaction, mais certainement était-elle plus détendue à présent. Raito rangea le petit objet dans sa poche, en un clin d'oeil vers la jeune Française, pour lui montrer qu'il la garderait précieusement, puis il lui tendit son bras, à la façon d'un gentlemen.

    "Allez, suis-moi. Ce n'est pas loin à pied."

    Il attendit qu'elle s'accroche à son bras avant de reprendre sa marche. Ils leur fallait quitter le pensionnat et atteindre le bar. La nuit commençait à tomber, mais il n'y aurait aucuns soucis. Et la soirée pourrait commencer.
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Sam 21 Avr - 20:15

    Comme je l'avais si frivolement espéré, Raito remarqua le mal que je m'étais donné. Il n'avait prit que quelques secondes pour étudier ma tenue, tandis que j'en fis de même. Cet accoutrement lui allait superbement bien, non pas que ses vêtements de tous les jours étaient de mauvais goût - bien au contraire -, mais c'était déjà un autre niveau. Je m'en fis toute petite, l'imaginant une seconde en costume sombre. Il devrait avoir l'air un représentant d'Etat, à coup sûr. Puis, me sortant de ces pensées farfelues, il me fit un compliment :

    "Tu es vraiment jolie dans cette tenue, Nérée."

    Le rouge me monta aux joues. C'était une réaction inespérée, au mieux je m'étais dit qu'il me dirait que je m'étais mise sur mon 31, sans plus, et au pire je me l'imaginais me regardant avec un certain dégoût, mais là cela dépassait toutes mes espérances.

    "M-Merci ... murmurais-je sans savoir s'il m'entendit ou non."

    Puis vint l'épisode de la poupée que j'appréhendais énormément. La boule au ventre, un noeud dans les cordes vocales, mes lèvres s'asséchaient. Cette timidité maladive me plongeait dans ce genre d'état, où je devenais chancelante, mais en principe elle ne m'empêchait pas de passer une bonne soirée alors tout allait bien. Il arrivait que, poussée à son extrême, cette gêne me provoque des crises d'angoisses. Combinées à mon asthme génétique - souvenir de mon père dont je ne pourrais assurément pas me débarrasser -, cela donnait de belles démonstrations de l'être pathétique que j'étais. Mais pour l'heure, tout se passait bien, alors je devais chasser ces idées de mon esprit torturé. Raito me prit la petite poupée des doigts, étudiant la matière, le visage, les formes, les couleurs - enfin la couleur, puisque je n'avais que de la ficelle rouge -. Enfin, il releva ses yeux vers moi.

    "Merci beaucoup Nérée. Elle est magnifique ta poupée. J'en prendrais grand soin, je t'en fais la promesse. Ca me touches beaucoup, vraiment."

    La gêne céda sa place au plaisir. J'étais comblée : non seulement il me trouvait en beauté, mais en plus le cadeau semblait lui plaire. Un sourire se greffa sur mon visage - et à partir de là, me l'ôter s'avérerait difficile -, accompagné d'un soupir de soulagement. Il la rangea dans sa poche, me fit un clin d'oeil, puis me présenta son bras. Allait-on vraiment faire le chemin qui nous séparait de ce fameux bar bras-dessus bras-dessous ? Je fus surprise, très surprise, je ne savais pas trop comment réagir. En même temps, ce n'était pas mille solutions qui se présentaient à moi. Je n'allais pas lui dire : "Non, je marche seule !" d'autant plus que je n'en avais aucune envie.

    "Allez, suis-moi. Ce n'est pas loin."

    J'acquiesçai d'un hochement de tête avant de l'approcher, glissant mon frêle bras sous le siens, le repliant sur son avant-bras. Je pus alors sentir sa musculature, qui me parut à la fois impressionnante et rassurante. Il était sûr que si des importuns nous en voulaient, ils avaient mal choisit leur ennemi, et Raito n'en donnait pas vraiment l'air. D'apparence, il était grand certes, mais ses épaules n'étaient pas bien larges. C'était plutôt surprenant de le sentir si musclé, à dire vrai.

    Enfin, nous sortîmes de l'établissement, et le petit vent frais du soir me fit frisonner. Machinalement, je me pressai contre Raito, cherchant sa chaleur dont il n'avait perdu une miette. Je ne m'en rendis même pas compte, en fait, j'étais obnubilée par la beauté de ces ruelles nocturnes. Contrastant avec la nuit qui était venue bien tôt, les lumières chatoyantes des commerces baignaient les trottoirs dans un écran lumineux brumeux et suggéré. Je n'avais pas profité de temps libre ainsi depuis que j'avais quitté la France, c'était doux, agréable, je me sentais reposée comme jamais. Un sourire doux arqua mes lèvres, tandis que je contemplais l'intérieur des magasins d'un regard qui put sembler envieux. A cette heure-ci, si je n'avais pas été Shuwan et n'avais pas rencontré Raito, j'aurais entamé de me faire à manger pour me coucher peu après, exténuée. Je soupirai, détendue, la soirée commençait excellemment bien.

    "C'est vraiment magnifique ... murmurai-je perdue dans mes songes."

    J'eus envie de me blottir un peu plus contre lui, confortée dans cette sensation de "retour à la maison", mais je m'en retins. Il se serait peut être fait des idées, qui sait, et il s'en serait peut être froissé. Je risquai un regard vers son visage qui dépassait largement le miens - ma tête arrivait à son épaule -, puis, au cas où nos regard se seraient croisés, je souri un peu plus franchement.

    "... mais c'est grand ! repris-je plus enjouée. Sans toi je me serais perdue à coup sûr !"

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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Dim 22 Avr - 12:23

    Elle avait semblé surprise quand il lui avait tendu son bras – ce qui réjouit intérieurement le jeune homme, il fallait bien l'avouer – puis avait répondu à l'appel. Son bras frêle et délicat s'était enroulé autour de celui de Raito, et ils avaient commencé à marcher, sortant rapidement de l'établissement, au début en silence.
    A peine eurent-ils atteint l'extérieur qu'une brise fraîche se mit à leur titiller la peau, aussi Raito sentit la demoiselle se pressait doucement contre lui. Il serra un peu plus son bras autour du sien, sachant que son corps émanait sans cesse cette chaleur doucereuse qu'appréciait tant les gens qui l'accompagnaient dans le froid. La voir ainsi se rapprocher fit sourire Raito, peut-être n'avait-elle pas fait exprès ? Elle semblait hypnotisée par les lumières de la ville et des rues qu'ils traversaient.
    Elle regardait tout autour d'elle, d'un air ébahi.
    Raito aperçut un commerçant qu'il connaissait depuis son arrivée à Shuwan et le salua d'un geste de la main. Il connaissait beaucoup de monde dans les alentours, et il est vrai qu'il adorait ça, se sentir entourer, apprécier. A avait le don de rebooster son petit ego personnel, et ce n'était pas plus mal.

    « C'est vraiment magnifique ...  »

    Raito observa la jeune fille, accrochée à son bras, qui avait murmuré ces paroles. Tant mieux si la balade lui plaisait. Elle avait ensuite relevé la tête, tout sourire. Et bien évidemment, il la targuait lui aussi d'un grand sourire éblouissant. Il l'aimait bien, sa petite Nérée, toute timide et frêle. Elle reprit, d'un ton plus enjoué.

    « ... mais c'est grand ! Sans toi je me serais perdue à coup sûr! »

    Cette remarque arracha un petit rire délicieux à Raito, qui, sans cesser de marcher, lui répondit en regardant alors droit devant lui, un sourire en coin aux lèvres.

    «  Oui, c'est grand, mais tu t'y feras vite. C'est ma famille cette ville. Je ne pourrai pas m'en passer. »

    Il resta plongé dans ses pensées, se remémorant tous ces souvenirs qui avaient bercé sa vie depuis son arrivée, avec un air convaincu et joyeusement fier sur le visage. Puis il aperçut la façade du bar tant recherché.

    «  Nérée, notre balade arrive à terme. Suis moi. »

    Ils s'avancèrent, le bar était déjà plutôt rempli, malgré l'heure plutôt peu avancée. Avant d'entrer, Raito se défit de l'emprise du bras de Nérée... pour finalement attraper sa main, en lui faisant un petit signe de la tête voulant dire « Viens, entre avec moi, n’aie pas peur, ils sont gentils, et puis je suis là ».
    Il poussa la porte, en maintenant la jeune fille serrée à ses côtés.
    Des acclamations, le barman semblait heureux de voir le jeune homme venir dans son bar. D'un petit signe de la main, il salua tout ce petit monde, et s’assaillit à une table sur des sortes de banquettes aménagées. Il laissa choisir sa place à la jeune fille - en face de lui, ou bien à ses côtés? - puis commanda à distance au barman deux mojitos à la fraise.
    Il se tourna ensuite vers Nérée, lui sourit et doucement, juste assez fort pour qu'elle l'entende à travers la musique, il lui demanda :

    « Voilà, c'est donc ici. J'espère que la déco et l'ambiance te plaît.  »
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Dim 22 Avr - 15:53

    Raito n'avait cessé de fixer l'horizon. "Si un jour tu te promènes avec quelqu'un ma fille, regarde bien où la personne dirige ses yeux : tu sauras tout d'elle." me disait souvent ma mère. Ce jeune homme ne quittait pas le chemin des yeux, était-il ambitieux ? Peut être, j'étais plutôt mauvaise pour définir le caractère de quelqu'un. Tout ce que je savais, c'était que ma mère elle, quand nous nous promenions et que j'étais enfant, ne cessait de poser ses yeux sur moi. En y repensant, j'étais tout pour elle, surtout après la mort de mon père. Il m'était difficile de savoir au combien mon départ au Japon devait la déchirer, mais l'acceptait, par amour ou résignation. "Fais ce que bon te semble ma puce ! De toutes façons, les ados, on peut jamais les tenir très longtemps." Sa voix sucrée, ses étreintes intenses, ses sourires lorsqu'elle était fière de moi, rien au monde ne pouvait me l'enlever. Cette femme était mon pilier, et celui de tous mes principes. Au fond, on élève les enfants avec ça dans le crâne non ? "Une cuillère pour papa, une cuillère pour maman, ..." et ainsi de suite. Et Raito ? Quel était son pilier ? Peut-on être, à condition d'être très seul, le pilier de soi-même ? Etais-ce la raison de la confiance qui émanait de lui ? Cette assurance que j'enviais, lui donnait systématiquement le profil de la personne à suivre et à fréquenter. J'eus bien vite les réponses à mes interrogations :

    "Oui, c'est grand, mais tu t'y feras vite. C'est ma famille cette ville. Je ne pourrais pas m'en passer, me fit-il en un sourire non peu fier.
    - Ca doit être bien, de se sentir chez soi ... répondis-je d'une voix toute frêle."

    Nous marchâmes encore un peu, dans le silence à peine perturbé par l'animation des commerces encore ouverts. Nous étions dans une heure où peu de lieux étaient à l'apogée de leurs activités : les boîtes de nuit étaient fermées ou ouvraient tout juste, les magasins fermaient, ne restait en effet plus que les bars qui conservaient leur animosité entraînante. Il n'avait pas du faire son choix par hasard, surtout s'il connaissait bien cette ville. Enfin, nous arrivâmes au lieu tant attendu. L'extérieur ne payait pas trop de mine, mais, faisant confiance à Raito, je ne perdais pas une miette de mon enthousiasme. Il était un homme de goût, c'était assuré.

    "Nérée, notre balade arrive à terme, annonça-t-il en tranchant le silence de sa voix rauque. Suis-moi."

    Je ne bronchai pas et le laissai m'amener devant l'entrée, suite à quoi il délia nos bras, serrant par la suite ma main. Sa chaleur avait perdu le don de me surprendre, mais il était toujours aussi agréable de sentir sa peau ferme enserrer mes doigts marqués par l'anxiété - à défaut de me ronger les ongles, il m'arrivait de me mordiller lorsque l'on ne me voyait pas ou même pendant mon sommeil -. D'un signe de la tête et en ouvrant la porte, il m'invita à la rejoindre dans l'antre mystérieuse, ce à quoi je m'exécutai d'un pas pressé.

    Dès notre entrée, le barman salua chaleureusement Raito, ce dernier lui répondant d'un signe plutôt bref. A peine arrivée, déjà l'ambiance générale m'emportais : je ne voyais autour de moi que des tablées festives, où les gens s'amusaient, et où une minorité s'apitoyait sur leur sort - contre-coup de l'alcool ? -. A à peine 19 heures, le bar était bien plein, et le bruit m'intimida, ce qui m'amena à me serrer contre Raito, un peu en retrait, collée à son dos et les doigts tremblant dans sa main. Enfin, il nous trouva une place plutôt plaisante, où l'assise était un peu rustique - des banquettes -, mais cohérente avec la décoration globale. Artiste des couleurs et des formes, c'était le genre de détails qui ne m'échappaient pas. Mon ami s'y attabla, me laissant le choix de la place. Voyons voir ... Assise devant lui pour avoir une vue prenante sur son beau minois ? Ou bien à ses côtés, profitant de sa protection ? Ne sachant que choisir et n'ayant pas toute l'heure pour me décider, je pris la place la plus proche, et m'assis donc à côté de lui. J'enjambai donc timidement le siège, posant mon postérieur avec légèreté, n'ayant pas vu le signe qu'il fit au barman. Raito se tourna par la suite vers moi, me demandant d'une voix puissante mais douce :

    "Voilà, c'est donc ici. J'espère que la déco et l'ambiance te plaît ?
    - O-Oui ! m'exclamais-je presque en un sursaut. C'est convivial !"

    J'esquissai un large sourire - ce genre d'expression que j'abordais assez peu -, voulant lui montrer à quel point j'étais heureuse d'être ici. Peu après, deux verres se posèrent sur notre table. Le service était incroyablement rapide, étais-ce grâce à mon ami ou étais-ce une habitude ? Qui sait ... Toujours était-il que je ne buvais que très rarement des choses farfelues, le soda étant, parfois, mon "vice caché". Je risquai mon nez au-dessus du récipient, en humant le parfum. Je connaissais cette odeur un peu forte. Du rhum ? Même si ce cocktail dont je ne connaissais absolument rien n'en avait qu'une faible teneur - ce que toutefois j'espérais -, je supportais plutôt mal l'alcool. Je lançai alors un regard éperdu vers Raito, retournant hâtivement au verre, que je considérais désormais avec un certain doute. Je devais avoir l'air d'une enfant qui s'intriguait du premier vers de terre de sa vie. J'observais ce pauvre cocktail qui ne m'avait rien fait comme s'il était près à me sauter à la gorge pour me manger toute crue, alors qu'en fait, ce n'était pas si dramatique. J'attendis une quelconque réaction de la part de Raito, qui soit me ferait faire un bond de terreur, soit me donnerait envie de goûter ...
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Ven 27 Avr - 15:48

    Nérée semblait réfléchir puis finalement s'assit aux côtés de Raito. Il se décala un peu pour lui laisser suffisamment de place -bien que, frêle comme elle était, elle n'en nécessitait que très peu- puis, plongeant son regard dans celui de la demoiselle, lui demanda si le lieu lui plaisait.

    « - O-Oui ! m'exclamais-je presque en un sursaut. C'est convivial ! »

    Un sourire vint illuminer son visage, alors que Raito, pas peu fier d'avoir déniché un lieu qui finalement plaisait à la jeune fille, lui fit un clin d'oeil d'approbation. En effet, c'était convivial. Le patron était drôle et sympathique, derrière son bar, et le serveur, un petit brun un peu rond à la face joufflue, s'amusait toujours à blaguer avec les clients. En général, l'ambiance du bar était agréable, c'est pour cela que Raito aimait s'y rendre.
    Le petit brun arriva, armé d'un plateau, et en un tour de main magistral, déposa les deux verres commandés au préalabre sur la table. Raito le remercia grace à quelques compliments habituels, et le serveur reprit son poste derrière le bar.
    Raito s'apprétait à empoigner son verre, pour trinquer à l'arrivée de Nérée. Mais, il la trouva hébétée devant la boisson. Elle lança un regard vers Raito, comme pour lui faire entendre qu'elle ne savait comment réagir devant ce liquide à l'odeur de rhum.
    Penchant la tête vers elle, il se mit à blaguer.

    « Fais gaffe, ça mord ces trucs-là !  »

    Il fit mine de crier de terreur en regardant son verre, puis lança un aimable sourire agrémenté d'un nouveau clin d'oeil à la douce française.

    « Bien sûr, je rigole. Ne t'inquiète pas, c'est très bon, et puis le goût de l'alcool n'est pas si prononcé que ça. Mais enfin, si tu n'aimes pas, n'hésite pas à le dire, et je te commande quelque chose d'autre ! Mais je pense vraiment que ça devrait te plaire. »

    Il avait préféré la mettre en confiance. Après tout, il ne connaissait pas ses habitudes, peut-être détestait-elle toute boisson alcoolisée ?
    Il empoigna son verre, et le fit tinter sur celui de la jeune femme.

    «  A ton arrivée, et aux futures années de bonheur que tu vas vivre ici. Et j'espère qu'on ne se perdra pas de vue. »

    Il approcha le verre de sa bouche et avala une ou deux gorgées en fermant à moitié les yeux. Il était heureux d'être ici, un verre glacé à la main, plutôt agréablement accompagné. La soirée paraissait bien commencer, et il espérait que ça ne s'arrêterait pas là.


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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Ven 27 Avr - 18:59

    Il pencha la tête, captant mes yeux malgré le fait qu'ils soient baissés sur le verre.

    "Fais gaffe, ça mord ces trucs-là !"

    Bien sûr, il blaguait, mais je ne pouvais m'empêcher de savoir si c'était du lard ou du cochon. Je m'en sentis immédiatement ridicule, le pourpre me monta - comme toujours - aux joues, je me recroquevillai pour me faire la plus petite possible. Passer inaperçue, alors que j'étais le centre actuel de la conversation. Je m'étonnais d'être si naïve de croire qu'en se faisant physiquement plus menue, le calme reviendrait dans mon esprit torturé, malgré la désillusion qui s'était abattue sur moi depuis fort longtemps déjà. Un cri de terreur, ironique évidemment, en direction de son verre. La spontanéité du geste m'arracha un éclat de rire discret. C'était, semblait-il, le premier acte de Raito n'avait pas calculé, soupesé, pour ne pas me blesser. Je m'en sentis plus intégrée, j'appréciais la sensation de rien devoir à personne, alors qu'en fait, je lui devais tout. Cette soirée, mon arrivée, précisément ce sourire qui ne voulait se décoller de mon visage. Un clin d'oeil me coupa net dans mes songes, m'invitant à écouter les paroles qui l'accompagnaient.

    "Bien sûr, je rigole. Ne t'inquiète pas, c'est très bon, et puis le goût de l'alcool n'est pas si prononcé que ça. Mais enfin, si tu n'aimes pas, n'hésites pas à le dire, et je te commande quelque chose d'autre ! Mais je pense vraiment que ça devrait te plaire.
    - Je n'ai pas l'habitude de boire, mais je vais au moins y goûter, fis-je en un sourire. Merci !"

    Il cogna son verre au miens, trinquant avec un certain enthousiasme que je ne lui devinais pas si prononcé. Puis, une phrase. Qui me fit chaud au coeur, vraiment.

    "A ton arrivée, et aux futures années de bonheur que tu vas vivre ici. Et j'espère qu'on ne se perdra pas de vue."

    "Qu'on ne se perde pas de vue." "Des années de bonheur." Un sourire lui répondit machinalement tandis que je reconsidérais ses paroles. Je me les répétais une fois, puis deux. On était heureux de faire ma rencontre, et on me le disait, ouvertement. La première fois pour l'insecte que j'étais. C'était quelque chose que je n'avais jamais, malgré les douces paroles de ma mère, espéré. Tandis qu'il plongea ses lèvres dans le verre, je regardais en sa direction, mais ne le voyais pas lui. J'observais dans le vide, me répétant cette phrase une dernière fois. Qu'il sois rassuré, j'allais faire de mon mieux pour qu'on ne se perde pas de vue. Enfin, inspirant un grand coup pour me remettre de ces émotions - qu'il n'avait pas prévu de me faire vivre, je le supposais -, j'englobai le verre à mon tour. Hésitante, je bus une gorgée, petite, puis deux de la même envergure. Evidemment, l'alcool me prit à la gorge, malgré que lui ne le sente pas beaucoup, c'était il me semble la première fois que je goûtais au rhum. Que voulez-vous, j'étais une petite fille sage ! Je toussotai deux fois, mais l'agression céda bien vite sa place au goût agréable du cocktail à la fraise.

    "C-C'est pas mal, mais ça doit probablement être meilleur quand on a l'habitude ..."

    Je ponctuais chaque phrase d'un sourire. Une expression pour chaque situation, comme tout être humain normalement constitué. Un léger silence s'était soudain installé entre nous deux, pendant lequel je laissais glisser mon doigt sur le bord du verre. Une sensation douce et froide, glacée même. Je devais engager la conversation, lui enlever ce poids de toujours devoir me motiver à parler. Arrêter d'être un poids.

    "T-Tu es un artiste en quoi ? embrayai-je hésitante. Musique ?"

    La suggestion m'avait parue évidente. Il avait une belle voix, voilà tout, alors dans ma tête son destin de musicien était tout tracé. Vilains préjugés. S'il avait été vraiment très très grand, je me serais demandé s'il voulait devenir basketteur ? Et s'il avait une moustache, me serais-je dit qu'il deviendrait plombier ? Peu importait, le mal était fait. Je baissai les yeux, appréhendant la réponse. "Non, rien à voir", m'aurait-il peut être répondu ? Pire encore, s'apprêtait-il à me demander sur quoi je me fondais ? "Oh non, sur rien, mais t'as la voix rauque alors je me suis dis pourquoi pas ?" Je n'étais qu'une imbécile heureuse, simplement, en voulant faire bien, je dérapais toujours. Intenable bêtise ...

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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Lun 7 Mai - 16:24

    Après qu'elle eut répondu à son sourire, Raito avait entrepris de boire son verre aux effluves de rhum et de fraise. Une fois le verre reposé, il regarda la jeune fille empoigner, assez peu rassurer, et le porter à ses lèvres.
    Une gorgée, puis deux... Il lui souriait en levant les sourcils, en signe d'encouragement. Elle avait l'air d'y prendre goût.
    Subitement elle se mit à tousser quelques fois, surprise par la brûlure de l'alcool traversant rapidement sa gorge. Un petit rictus vint faire scintiller la bouche du jeune homme, puis il l'écouta alors qu'elle essayait de se ressaisir.

    « C-C'est pas mal, mais ça doit probablement être meilleur quand on a l'habitude ... »

    Raito hocha la tête avant de lui répondre, juste après avoir de nouveau avalé une gorgée et reposé le verre sur la table.

    «  Tu t'y habitueras facilement, pas de soucis à avoir ma chère Nérée. Moi, j'aime bien! »

    Passer pour un poivrot ? Non, ce n'était pas ça ! Il aimait énormément les fêtes, et une fête sans alcool, ça ne courrait plus les rues. Et à présent, ces délicieux breuvages faisaient instantanément monter le désir de ses papilles.
    Elle ne répondit rien, à part un sourire. Un doux sourire, agréable à regarder. Il ne paraissait pas vraiment forcé celui-là. Se sentait-elle enfin à l'aise en sa compagnie ? Il l'observa passer un doigt sur le bord du verre. Ses cheveux tombaient élégamment sur ses épaules, ses mains si fines semblaient danser au dessus de ce verre, ou posées sur le bois de la table. S'il avait su dessiner, il aurait assurément adoré croquer cette scène. Un mélange de douceur, de calme, de beauté et de charme. Il aurait presque eu envie de prendre ces petites mains dans les siennes, comme pour voir si la peau n'était pas simplement faite de satin.
    C'est alors que la jeune fille se décida à mettre un point à ce silence qui avait permis à Raito d'apprécier cette scène, qui se détachait tellement de l'ambiance déjà bruyante du bar.

    « T-Tu es un artiste en quoi ? Musique ? »

    Raito fut d'abord très étonné. Il ne se rappelait pas lui avoir dit ce qu'il pratiquait encore... Non, il ne lui avait pas dit, à l'évidence. Elle avait visiblement un fort don d'analyse, celle-ci.
    D'une voix posée il lui répondit.

    «  En effet, tu as vu juste. Je suis dans le domaine de la musique à Shuwan. Je chante, et je joue de la guitare, et du piano à mes heures perdues. Bien joué de ta part, je ne m'attendais pas à ce que tu le devines si aisément. »

    Elle était, oui, très étonnante. Ca rajoutait un petit quelque chose à cette demoiselle, qui captivait encore plus Raito. Il se remit à sourire, mais sans la complaisance qu'il avait au début, quand il cherchait à la remettre à l'aise. Il lui souriait, mais d'un sourire qui montrait plus d'intérêt que de compassion. Elle était son égal, à ce moment-là.

    «  Alors toi... Par déduction, je dirais que tu n'es pas en comédie. A moins que les projecteurs t'arrachent cette attendrissante petite timidité. La musique et la danse, cela me semble pareil, il faut ne pas trop avoir peur de la scène, du public quand on se produit. Et je te vois sensible... Et je t'imagine en train de peindre, de dessiner... »

    Il posa son coude sur la table, pressant quelques uns de ses doigts contre sa tempe, tourné vers Nérée. Il espérait avoir vu juste. Au fond, il en était presque sûr. Il avait envie de tout savoir d'elle.
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Mar 8 Mai - 13:33

Ce qui est entre crochet est réellement en Français (quand Nérée parle avec sa mère) ~

    "Tu t'y habitueras facilement, me fit-il, pas de soucis à avoir ma chère Nérée. Moi, j'aime bien !"

    Puis Raito but une gorgée. Il aimait vraisemblablement ça. Pour le goût ou les effets ? J'imaginais qu'il était le genre de personne à toujours garder son calme, peu importe les boissons, alors je ne m'en faisais pas. Ses yeux se posèrent alors sur moi. Sans l'avoir vu de mes propres yeux, je le devinais sans mal. C'était comme il y a quelques heures, quand je regardais pas la fenêtre, cette impression déroutante qui me faisait en principe des noeuds dans la gorge. Mais là, c'était différent. J'étais à l'aise, avec lui, en ce lieu, je me contentais pas conséquent de profiter de l'instant.
    Enfin, il me parut étonné de ma déduction qui pourtant n'avait ni queue ni tête. Je ne m'étais basée sur rien, c'était le pur fruit du hasard, j'avais juste eu un peu de chance, voilà tout.

    "En effet, tu as vu juste. Je suis dans le domaine de la musique à Shuwan. Je chante, et je joue de la guitare, et du piano à mes heures perdues. Bien joué de ta part, je ne m'attendais pas à ce que tu le devines si aisément."

    Moi non plus je ne m'y attendais pas ... Il me sourit avant de poursuivre :

    "Alors toi... Par déduction, je dirais que tu n'es pas en comédie. A moins que les projecteurs t'arrachent cette attendrissante petite timidité. La musique et la danse, cela me semble pareil, il faut ne pas trop avoir peur de la scène, du public quand on se produit. Et je te vois sensible... Et je t'imagine en train de peindre, de dessiner..."

    Attendrissante petite timidité ? Sensible ? J'étais timide et fragile, mais qu'il emploi de tels termes me surpris autant que j'en fus ravie. Appréciée ... Je n'avais jamais cherché à l'être, et pourtant, c'était là vraisemblablement le cas. Il était beaucoup plus doué que moi pour les déductions - bien que, en même temps, ce ne soit pas chose difficile -, et il était encore plus fort pour me mettre à l'aise. Un personnage vraiment surprenant. Il s'accouda à la table, supportant sa tête de deux ou trois doigts, les yeux rivés sur les miens. Il était si captivant que même gênée, je ne pouvais détacher mon regard de lui.

    "C-C'est exactement ça ! m'exclamai-je, moins douée pour les compliments que lui."

    Je repris une gorgée du fameux cocktail. Le gosier préparé à la brûlure, je pus davantage profiter du goût assez sucré de la boisson. Je compris pourquoi mon ami aimait boire ce genre de choses, c'était, si on excluait la rudesse des premières sensations, assez goûteux. Je mordillai ma lèvre supérieure, la rinçant du nectar, puis lui souri à nouveau.

    Soudain, mon téléphone vibra brièvement, m'arrachant un sursaut. Je sortis l'engin de la petite pochette que j'avais pris avec, m'excusant hâtivement auprès de mon accompagnateur, puis décrochai.

    "[Maman ? ... Oui. ... Je t'ai dis que j'étais bien arrivée. ... E-Euh, je suis sortie ... A-Avec un ami ! ... M-Mais non ! ... Hm ... Bonne soirée maman, fais attention à toi ! ... Moi aussi.]"

    Je raccrochai. Les mères étaient un peu toutes les mêmes, à téléphoner à tout va pour savoir comment va leur "bébé". Depuis que j'étais au Japon, trouver un horaire où nous étions toutes deux aptes à parler était devenu difficile. Le décalage était un réel problème pour nos discussions, mais au bout d'un an, nous avions commencé à trouver quelques rituels, histoire de ne pas se réveiller vers trois heures du matin. Lançant un sourire réjouit en direction de l'appareil - ce genre d'expression ébahie qui s'affichait sur mon visage chaque fois que je parlais à ma mère -, je me retournai vers Raito.

    "Ce ... C'était ma mère."

    Un rictus nerveux. J'appréhendais quelque peu sa réaction : allait-il être froissé que je nous interrompe de la sorte ?

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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Lun 25 Juin - 9:19

    Elle gardait les yeux rivés sur lui. Raito ne s'en formalisait pas, ce n'est pas comme s'il n'avait jamais été confronté à ce genre de réaction, et puis, la présence de Nérée ne l'aurait embêté en aucun cas dans le moment présent. Même le regard si profondément ancré sur lui. Au fond, ne serait-ce pas lui qui l'aurait provoqué ?

    "C-C'est exactement ça ! ", s'exclama-t-elle.

    Il sourit d'un air vainqueur, et la laissa boire encore une fois une gorgée de sa boisson aux effluves parfumées. Elle semblait s'y faire, et même commencer à apprécier. Son air concentré, combiné à son vœu de nettoyer sa lèvre inférieur la rendait on ne peut plus attendrissante. Il avait en face de lui une jeune fille découvrant certains horizons, délassant de son corset, goûtant les bas résilles et les guêpières froufroutantes.
    Elle entama un bref sourire, avant que le bruit strident d'une sonnerie de téléphone ne jaillisse du silence. Ses petites joues rosées montraient son embarras, elle s'excusa platement, puis décrocha le combiné.

    Ce qu'elle murmura, Raito ne le comprit pas. Elle parlait une autre langue. Le Français même, il reconnaissait les sonorités et quelques mots. Il empoigna son verre et vida ce qu'il en restait d'une traite avant de le poser sur la table. Cette langue l'avait toujours attiré, il ne savait pourquoi, peut-être l'associait-il aux délicieuses du Moulin Rouge ? Ça aurait été un cliché, mais les clichés sont fervents et nous collent à la peau.
    Elle raccrocha finalement, puis replongea son regard dans celui du jeune homme, qui l'observait encore et toujours.


    "Ce ... C'était ma mère."

    Un rictus nerveux se dessina sur les lèvres de la jeune française. Elle semblait particulièrement gêné, apeuré qu'il lui en veuille d'avoir décroché peut-être ?
    Alors, il posa sa main sur celle qui venait de lâcher le petit appareil, puis murmura d'une voix douce:

    "Il n'y a aucun soucis ma chère Nérée. J'espère qu'elle ne t'a pas appelé pour quelque chose de grave, m'enfin je n'en ai pas l'impression. Mais pas besoin de t'excuser, vraiment."

    Il lâcha la main après quelques secondes de silence puis se releva un petit peu. La salle commençait à d’ambiancer, la musique prêtait à la danse à présent. Un couple se déhanchait déjà au beau milieu d'un espace libre.
    Un clin d'oeil à Nérée, puis il attrapa sa main.

    "Tu viens, on danse ?"

    Il voulait la dérider, de plus il n'était pas un trop mauvais danseur alors pourquoi pas. Il ne lui avait pas vraiment laissé le choix en fait, l'attirant dans une parcelle du bar éclairé par une lumière tamisée.
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Lun 25 Juin - 13:56

    Je n'y avait pas fais attention sur le moment, mais Raito n'avait cessé de m'observer que pour boire et finir son verre. C'était déroutant, mais je m'y étais faite, ma mère m'y aidant. Entendre sa voix me détendait toujours, peu importe la distance qui nous séparait. A mes excuses, Raito posa sa main sur la mienne. Elle était lourde, mais c'était agréable, je ne pense pas qu'il ait à ce moment cherché à simplement m'effleurer, jaugeant ses actes, comme il l'avait fait jusqu'à maintenant. C'était un geste plus ferme, quoique plus rassurant, et cela me plaisait. Qu'il ne prenne pas trop de gants, pour une fois.

    "Il n'y a aucun souci ma chère Nérée, me murmura-t-il. J'espère qu'elle ne t'a pas appelé pour quelque chose de grave, m'enfin je n'en ai pas l'impression. Mais pas besoin de t'excuser, vraiment."

    Un tantinet abasourdie par un peu tout, je contemplai ses lèvres en buvant ses paroles d'un regard reconnaissant. Je hochai la tête, une fois pour lui indiquer que tout aller bien, une autre pour acquiescer à ses mots. Silencieuse, un sourire approbateur et doux arquait mes lèvre, la tête légèrement penchée sur le côté, comme l'on regarde un vieux pote qui vient de nous sortir de la mouise. Je plongeai mes yeux dans les siens d'un air rêveur, ne sentant même pas qu'il avait retiré sa main. L'ambiance de beuveries de piliers de bars changea du tout au tout en même temps que la musique qui se prononçait davantage, un couple avait entamé une danse, appliqués. Mon ami me fit un clin d'oeil, empoigna mes doigts tremblotants.

    "Tu viens ? On danse ! s'exclama-t-il."

    Je bafouillai et protestai sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, je crois. Bien sûr, cela m'aurait bien plu de me déhancher à ses côtés, il n'est rien de plus agréable que de danser avec une personne de choix sur une musique qui nous plaît ... mais seulement si l'on sait danser ce qui n'était pas trop le cas. A dire vrai, il n'y avait qu'une danse, base de tout, que ma mère m'avait apprise : la valse. De plus, je n'étais pas sûre d'avoir le sens du rythme. Une angoisse s'empara de moi, mais elle s'apaisa lorsque je vis qu'il me traînait dans un espace peu visible. La lumière était tamisée, on ne voyait pas tout à fait que je rougissais, alors je commençais à me détendre.

    "J-je ... Il faut quand même que tu saches que ... Euhm ..."

    Je fixais mes talons, je n'avais pas envie qu'il voit la peur dans mes yeux, surtout pas ce genre de peur, celle de mal faire. En un souffle de courage, je relevais la tête vers la sienne, lançant hâtivement tant que j'en avais la force :

    "Je sais absolument pas danser et je suis même pas sûre d'avoir le sens du rythme alors je, je ..."

    Le semblant de force qui m'avait habitée jusqu'alors s'était évanoui, j'étais presque essoufflée d'être si stupide, et comme ma main avait gardé refuge dans la sienne, je serrais un peu mes doigts. Le regard éperdu, je me mordillais les lèvres. Je mourais d'envie de danser avec lui, mais si c'était pour qu'il se prenne la honte de sa vie, pauvre bougre, ce n'est peut être pas la meilleure chose à faire ...
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Lun 25 Juin - 14:50


    Quand il l'avait entraîné hors de la table rustique où trônaient encore les mojitos presque vides, elle avait essayé de protester en vain. Non, il n'allait pas la laisser, attablée, passer une soirée à boire et ne rien faire. Il fallait la faire bouger, s'éclater, se désinhiber. Elle n'oublierait jamais son arrivée à Shuwan.
    Quand ils furent dans un coin de la pièce, éclairée par de lourdes lumières feutrées, il la laissa enfin s'exprimer, ignorant la rougeur naissante de ses joues.

    "J-je ... Il faut quand même que tu saches que ... Euhm ..." bafouilla-t-elle.

    Elle fixait ses chaussures, probablement pour qu'il ne puisse lire l'angoisse qui emplissait ses yeux. Qu'y avait-il ? De quoi avait-elle peur ? Il n'était pas terrifiant, voulait uniquement la faire s'amuser.
    Alors qu'il s'apprêtait à l'aider en lui relevant la tête d'un doigt sous le menton, elle avait pris son courage à deux mains et l'avait devancé.

    "Je sais absolument pas danser et je suis même pas sûre d'avoir le sens du rythme alors je, je ..."

    Il sentit qu'elle crispait sa main dans la sienne, qu'elle ne savait assurément plus où se mettre. Un petit sourire et un léger inclinement de la tête plus tard, il tenta de la rassurer, approchant sa bouche de son oreille, pour ne pas avoir à crier pour couvrir la musique.

    " Nérée, je ne suis pas là pour te juger, en aucun cas pour me moquer de toi. N’aie pas peur, je suis là, laisse toi porter, je veux juste que tu t'amuses, que tu gardes un bon souvenir de cette soirée avec moi.." avait-il murmuré.

    Elle se mordillait les lèvres, ne sachant plus où se mettre, et les enceintes se mirent à lancer un nouveau morceau des plus entrainants. Il la regarda sournoisement, puis passa une main sur sa frêle taille.
    C'est en collant sa bouche à l'oreille de Nérée qu'il lui susurra : " Lâche-toi ma Nérée maintenant"

    Une seconde plus tard, il commençait à l'entrainer dans sa danse, rien de vraiment homologué, juste du défoulement, de l'amusement. Il fallait qu'elle bouge. Il attrapa sa main et la fit tournoyer comme on peut le faire dans un rock endiablé.


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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Lun 25 Juin - 15:42

    Raito approcha son visage du miens, parvenant à percer la musique sans crier en atteignant directement mon oreille :

    "Nérée, je suis pas là pour te juger, en aucun cas pour me moquer de toi. N'aie pas peur, je suis là, laisse-toi porter, je veux juste que tu t'amuses, que tu gardes un bon souvenir de cette soirée avec moi ..."

    J'acquiesçai d'un hochement de tête, la situation ne prêtant pas à être plus démonstrative. En fait, j'aurais voulus lui sauter au cou, le remercier de toutes mes tripes pour avoir le don de me remettre en confiance. Je voulais m'excuser aussi, d'être maladroite et timide, d'être comme je suis. Au lieu de cela, je ne fis que sourire bêtement, soulagée, heureuse. La musique changea, un son plus vif, je ne saurais en déterminer l'auteur et même, je ne l'eus remarqué que lorsque je sentis le bras de Raito autour de ma taille. Je n'y crus pas un instant, mais dès lors que, m'enserrant de sa force tranquille, il me ramena quelque peu à lui, l'ignorer n'était plus une option. Une main dans la sienne, collée à lui, je déglutis. C'était étrange, en temps normal, je me serais éloignée, transit de gêne, ou au pire je l'aurais repoussé. Mais là, à part un rougissement plus prononcé, je me sentais bien. En ce lieu, en cette compagnie. Avec lui, c'était simple. Etais-ce cela, que l'on appelait l'amitié ? La rencontre avec un être formidable, qui semble être un frère, qui vous connaît alors qu'il vous rencontre à peine ? Etais-ce sur ce genre d'individus que l'on pouvait compter, envers et contre tout ? La pureté de mes réflexions m'avait souvent attiré des ennuis, mais si, pour une fois, être moi-même n'allait pas m'être fatal ? Mon cavalier glissa sournoisement sa bouche à mon oreille, au plus près, et me susurra :

    "Lâche-toi ma Nérée maintenant."

    Je me sentis presque me liquéfier dans son étreinte tant j'étais décontenancée. Il y avait sa chaleur corporelle, la façon rassurante dont il me serrait par la taille, son souffle qui se propageait jusque dans mon cou. D'un si bel homme et sans pourtant en tomber amoureuse, aucune fille ne peut être insensible à ce genre de comportement. Tandis qu'il reprenait de la distance de son visage, je le suivais du regard. Enfin, je risquai ma deuxième main sur son épaule, fébrilement, appréciant malgré moi la musculature qui l'affublait. Et la danse débuta.

    Je n'étais pas sûre de ce que je faisais, j'ignorais si c'était bien ou non d'ailleurs, parce qu'en tous cas pour moi, c'était facile. Il suffisait de se laisser porter, sans anticiper, juste avoir le réflexe d'amplifier une impulsion donnée. Avec lui, c'était simple. Au fil des pas plus ou moins orchestrés, je prenais de l'assurance. La danse était en effet comme un univers à part, quelque chose qui fait bouger deux corps à l'unisson, à part de la vie courante. Je ne pense pas avoir fait attention à la musique. Je n'avais repéré à peu près que les basses, je me dirigeais à leur cadence et dans la direction vers laquelle mon partenaire m'envoyait. C'était un peu la même sensation que lorsque l'on est ivre - et je parle sans expérience -. Malheureusement, la musique baissa petit à petit, mourant dans quelques derniers soupirs, avant de s'éteindre pour quelques secondes. Une autre allait arriver, je ne savais pas si j'allais la danser aussi. Maintenant, tout m'allait. Nous ralentissions aussi pour, à la fin, nous figer.

    Je ne sus pas pourquoi, un éclat de rire sonore s'échappa. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas amusée, enfermée dans mes responsabilités. Je parvins difficilement à m'arrêter dans ce fou rire qui partait, pour glisser entre deux hoquets honteux un sincère : "Merci.". Ce disant, je pris mon courage à deux mains, me hissa sur la pointe des pieds et embrassa sa joue.

    "C'est une magnifique soirée, vraiment."
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Mer 27 Juin - 18:37

    Alors que la musique battait son plein, Nérée semblait enfin se lâcher. Elle virevoltait, se laissait emporter par les pas endiablés du musicien, son visage était bordé d'un franc rire. Les basses cadençaient leurs mouvements, tantôt se collaient-ils, tantôt la laissait-il tournoyer un peu plus loin, la retenant du bout des doigts.

    La musique s'abaissa doucement, plongeant la salle dans un très bref silence. Ils avaient ralenti alors prudemment, pour se figer, à l'image de la mélodie qui vrombissait dans leurs tympans. Et c'est dans le silence que Nérée, à la grande surprise générale, se mit à éclater de rire. Un rire sonore, enchanteur, dévoilant des dents blanches immaculées. Elle n'arrivait pas à se calmer, ce qui eut le don d'amuser Raito, qui se mit à sourire et pouffer légèrement.
    C'est alors qu'elle se hissa sur la pointe des pieds, pour poser ses lèvres sur la joue du guitariste, après avoir murmuré un sincère "Merci."

    "C'est une magnifique soirée, vraiment."

    Il la targua d'un éblouissant sourire, et la musique repartit. La nouvelle était assurément plus calme, ne prêtait pas à se déchainer du tout. Un slow, pouvait-on appeler ça. Raito pencha la tête vers Nérée, comme pour lui demander la permission de commencer la danse.

    Il ne doutait pas qu'elle accepterait, elle acceptait toujours, alors il s'approcha d'elle. D'un bras protecteur, il entoura la frêle taille de la demoiselle et la serra doucement contre lui, lui proposant d'attraper une de ses mains d'un signe de tête.
    Il baissait cette dernière pour observer la Nérée qu'il serrait dans ses bras, puis lui murmura :

    "Laisse toi porter, c'est facile si tu me suis"

    Il commença à bouger lentement, ne quittant pas du regard la jeune fille aux cheveux de jais.








court, je sais...
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Mer 27 Juin - 19:10

    La musique changea du tout au tout, elle se fit plus douce, mélodieuse, presque suave. Les basses se ressentaient tant qu'elles semblaient se nicher jusque dans mon poitrail, où elle battaient une dernière fois avant de mourir, se mêlant avec la chamade de mon coeur. Mais, pour adoucir l'ensemble, une douce mélodie se faisait discrète, telle une personne qui voulait se faire oublier. Les paroles, je ne fus pas sûre de les comprendre. Je parlais japonais couramment, mais en chanson, les mots m'échappaient. Il fallait que je lise pour comprendre, alors je restituais mes connaissance. Ma compréhension orale était encore à parfaire.

    Une invitation. C'est bien ce que j'ai crus comprendre, lorsque Raito avait penché sa tête. Je ne lui répondis pas vraiment, il n'avait pas besoin de réponse, il lisait en moi comme dans un livre, et si c'était pour faire durer le plaisir de danser, alors je n'étais pas contre. Puis il serra ma taille d'une étreinte puissante mais douce, infiniment rassurante. Je pris sa main suite à son signe, me risquai à poser ma main libre sur son dos et comme je vis qu'il n'eut pas de réaction, je demeurai. Gênée mais à l'aise à la fois, pourpre mais le regard sûr, intimidée mais heureuse. On pouvait dire que j'étais dans tous mes états, et cette danse n'allait rien arranger. Pourtant, je n'aurais pas voulu qu'elle s'arrête, pour rien au monde.

    "Laisse-toi porter, me murmura-t-il, c'est facile si tu me suis."

    Et ses yeux bienveillants se posèrent sur moi. Ces prunelles brunes, qu'on hésitait à associer plutôt à du chocolat ou à des noisettes, assurément à croquer dans tous les cas. Mais Diable, comment se faisait-il que je danse avec lui, en cette magnifique soirée, alors qu'il aurait très bien pu aller s'amuser avec une fille plus intelligente, plus jolie, plus vertueuse ? Je voulais dire, je ne me plaignais pas, mais c'était si mystérieux. Un type de sa prestance, de son envergure, dans un slow avec une fille comme moi ? J'effaçai unes à une mes interrogations, au plus vite dès lors qu'elles apparaissaient, et je profitai de l'instant. Les yeux levés vers son visage, plantés dans les siens, je souri timidement.

    C'était indescriptible : dans son étreinte, c'était comme si rien ne pouvait m'arriver, comme si mon cavalier était aussi mon ange gardien ... et quel ange ! C'était vrai qu'il avait veillé sur moi depuis mon arrivée ici, je n'avais d'ailleurs vraiment connu que lui et les lieux qu'il m'avait fait connaître, c'était à la fois mon guide, mon ami, et ma remise en question. Enivrée par l'instant, je le quittai des yeux pour poser mon visage contre son torse, sans réfléchir à ce que je faisais. De là, l'oreille collée à lui, je pouvais entendre les battements de son coeur. Réguliers, apaisants, procurant l'effet d'un ronronnement de chat. Et la musique cessa bien tôt.

    Tandis que nous nous décollâmes, je lui souri timidement encore une fois. Entreprenant de me ronger nerveusement un ongle, le regard fuyant, je tapotai le sol de la pointe du pied.

    "T-tu ... hésitai-je. Tu danses bien ..."
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Mer 27 Juin - 19:51

    Nérée s'était visiblement rapidement sentie à l'aise. Serrée contre le grand jeune homme, elle avait serré sa main dans la sienne. Il fut surpris de sentir des doigts se faufiler sur son dos, de fins bras l'enlacer. Quand il baissa la tête pour observer sa protégée, blottie dans ses fermes bras, il ne put s'empêcher de sourire: ses yeux brillaient, sa chevelure tombait lourdement dans son dos en de brillantes cascades d'ébène, sa peau irradiait de douceur. Elle était lumineuse, à peine un peu de rouge teintant ses joues.

    Elle se mit alors à poser sa tête sur son torse, et il resserra son étreinte, sans arrêter de suivre la mélodie de ses pas légers. Elle devait entendre les battements de son coeur, alors reposés, apaisés, calmes et satisfaits. Il se sentait très bien en la présence de Nérée, il n'aurait su dire pourquoi. Sa candeur peut-être, qui la rendait terriblement attachante. Il voulait la protéger, lui éviter les embûches de la vie, la garder sous son aile. Sa petite poupée de porcelaine..

    Bien trop tôt, la musique cessa, brisant le cadre magique et la bulle dans laquelle ils s'étaient immiscés. Elle se décolla, mais il ne lâcha pas sa main. Elle avait changée d'attitude, était redevenue la petite fille craintive d'avant le slow révélateur.


    "T-tu ... Tu danses bien ..."

    Il lui sourit, puis, alors qu'une autre musique démarrait, il lui répondit d'une voix rassurante:

    " C'est gentil, ce n'est pas bien compliqué tu sais, puis ils embraya d'une voix interrogative, tu viens, on retourne à la table ?"

    Serrant la petite menotte dans la paume de sa main, il entraîna Nérée se rasseoir sur la table de bois où ils étaient assis auparavant. Reprenant les mêmes places, Raito laissa Nérée récupérer la pleine possession des mouvements de sa main, puis plongeant son regard dans celui de la belle, se mit à la questionner :

    "Parle moi un peu de toi, j'ai envie de te connaître. Raconte moi un peu ta vie d'avant, d'avant ton arrivée, s'il te plait."

    Il ne la forçait pas, sa voix était simplement une caresse de velours qui proposait explicitement une suite. Il se pencha en avant, observant Nérée, qui semblait réellement d'une timidité maladive. Son plus grand souhait alors aurait été de la décoincer, de lui permettre de retrouver ce sentiment de plénitude qu'elle avait rencontré durant la dernière danse. Il voulait qu'elle n’oublie jamais cette soirée en sa compagnie, il voulait savoir qui elle était vraiment.
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Mer 27 Juin - 20:13

    Raito ne lâcha pas ma main, ce qui n'était pas pour me déplaire.

    "C'est gentil, répondit-il à mon compliment, ce n'est pas bien compliqué tu sais. Tu viens, on retourne à table ?"

    J'acquesçai d'un hochement de tête approbateur accompagné d'un sourire, puis, main dans la main, nous retournâmes à nos places respectives. Il libéra mes doigts, suite à quoi il capta mon regard et entreprit la conversation.

    "Parle-moi un peu de toi, j'ai envie de te connaître. Raconte-moi un peu ta vie d'avant, d'avant ton arrivée s'il te plaît."

    J'hésitai un très bref instant, le temps de réfléchir une seconde. Il avait envie de me connaître, c'était une affirmation délicieuse à mes oreilles, il voulait que je lui parle de moi ... Mais une peur m'envahit. Si nous parlions de qui nous étions avant, nous allions probablement discuter de notre enfance. Et revenir sur la mort de mon père était ... Devant lui, seule, cela ne m'aurait pas gênée car je savais que je pouvais pleurer sans qu'il ne me juge, mais en ce lieu bondé et sachant que je ne saurais contenir mes larmes, c'était une terrible angoisse. Mon regard reprit sa fuite. Je parvins cependant à poursuivre :

    "Hm, bah ... Je vivais en France avec ma mère e-et puis ... Y a un an je suis venue au Japon ... J'ai un peu travaillé pis euh ... J-je suis venue ici ..."

    L'angoisse s’amplifia. Je devais prendre du recul, avant de poursuivre la conversation, avant de lui demander ce qu'il faisait aussi. Je n'en trouvais pas le courage pour tout de suite, de toutes manières.

    "E-euh, e-excuse moi un instant ... J-je reviens vite ! fis-je promptement en me levant."

    Ce disant, je me pressai vers les toilettes, esquivant les quelques couples qui s'étaient mit à danser frivolement. Les cabinets étaient plongés dans une lumière bleutée tamisée, j'avais entendu quelque part que c'était pour que les drogués ne trouvent pas de veines, ou tout du moins pour que ce soit plus fastidieux. Debout devant le miroir, appuyée sur le lavabo, je soupirai anxieusement. Je fis couler un peu d'eau et me rafraîchi le visage, puis, faisant craquer ma nuque une ou deux fois, je repartis vers la table où Raito devait m'attendre. C'était sans compter sur un loubard qui m'accosta, non loin de notre place.

    "Bah alors minette, t'es toute seule ? me cracha-t-il de sa voix nasillarde."

    Je commençai à paniquer. Il puait l'alcool à des kilomètres, portait une moustache dans laquelle était nichée une cacahouète, le visage déformé par la méchanceté et la perversité, fripé comme ces chiens un peu laids. Il posa sa main dégoûtante sur mon épaule, suite à quoi je m'effrayai et appelai machinalement :

    "Raito !"
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Ven 13 Juil - 13:08

    Raito écouta Nérée lui raconter un peu sa vie. Elle était née en France, avec sa mère, était venue au Japon, y avait travaillé... Il y avait une petite zone d'ombre dans son récit, mais il ne l'interrompit pas. Elle ne parlait que de sa mère, à tel point que l'on eut pu croire qu'elle n'avait jamais eu de père, simplement un... géniteur. Il préféra la laisser parler, même s'il imprima immédiatement cette petite énigme dans un coin de son cerveau. Il saurait tout, bien assez tôt, il avait compris qu'il fallait à Nérée le temps et la confiance nécessaire pour se livrer.
    C'était bien là un des dons de Raito : Il s'obstinait à comprendre l'attitude des gens, leur comportement, leur mode de pensée, pour ensuite pouvoir en faire ce qu'il voulait.
    Ce n'était pas toujours machiavélique, de la manipulation pure et dure -même si au fond, c'en était surement - mais il se débrouillait toujours pour avoir ce qu'il voulait, et servi sur un plateau d'argent. Elle était là sa force. C'est pourquoi il ne dit mot, la laissa s'ouvrir peu à peu. Cela prendra le temps qu'il faudra, mais il obtiendrait ses réponses. Toutes ses réponses.

    Soudainement, elle parut perdue. La zone limite de son histoire risquait-elle d'être franchie ? Elle lui annonça alors qu'elle devait prendre congé quelques instants. Il lui sourit comme pour acquiescer et la regarda partir vers les toilettes en s'affalant contre le dossier de la banquette. Jouant avec le verre, les secondes passèrent lentement, il avait l'impression de regarder un sablier et d'en observer le sable chuter.
    Un cri l'arracha de sa rêverie. "Raito!"
    C'était... Nérée ? Elle avait des problèmes ?
    Il se leva d'un bond et accourut vers les toilettes. Il la vit, elle était sortie des cabinets mais n'était pas seule. Il y avait... comme un intrus.
    Un homme, à peine plus agé qu'eux. Surement un pauvre clochard venu oublier sa peine en se sevrant d'alcool. Il empestait et regardait Nérée avec délice. Raito s'empoigna de son épaule et le tira en arrière.

    " Ça te dirait de la laisser tranquille ?"

    Le gars, au visage déformé d'un rictus malsain, pencha la tête et toisa Raito:

    "Tu crois qu'un gamin comme toi va me faire peur ? Va t'asseoir, t'es qui pour m'empêcher de parler avec cette jolie damoiselle?"

    Il eut un rire gras, et fit une révérence à Nérée, un peu bancale à cause de son taux d'alcool dans le sang néanmoins. La pauvre devait être terrorisé.

    "Lâche la je te dis."

    L'alcoolique se retourna en grognant et fit craquer son poing. Raito eut un léger mouvement de recul, anticipant le coup qui ne tarda pas à partir. Le clochard lui décocha son poing dans la mâchoire sans qu'il puisse contrer. Raito le repoussa d'un poing dans le torax, et empoigna Nérée. Heureusement pour eux, la réaction de l'homme était altérée, il en profita pour hurler au barman :

    " Je reviendrai payer plus tard ! "

    Voyant le fou devenant incontrôlable, il tira Nérée vers la sortie en courant. Il entendit plusieurs hommes se lever et essayer de calmer l'autre avant de claquer la porte. Ils se dirigèrent vers un coin un peu plus caché, au cas où l'homme ait pu s'extirper des mains du barman et des clients, puis Raito passa sa main sur sa lèvre. Il sentait le goût du sang infiltrer sa bouche et sa main s'en trouva salie.
    Néanmoins il passa outre, et posa sa main sur l'épaule de Nérée:

    " Je suis désolé. Ca va toi ?"
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MessageSujet: Re: Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée] Ven 13 Juil - 16:59

    Alors que je pensais que ma voix ne pourrait jamais percer le brouhaha de la foule, la musique, et atteindre cette place qui me semblait si lointaine mais était pourtant assez proche, je regardai la vérité en face. Emettre une hypothèse, après tout, était tout ce que je pouvais faire à présent. Si Raito ne m'entendait pas, eh bien ce sot se serait joué de moi, ou plutôt de mes formes, sans que je ne puisse me défendre évidemment. Mais finalement, on se serait peut être inquiété de moi, et on serait venu, avec un peu de chance avant que le mal ne soit fait.

    Je commençai à angoisser, alors que j'avais fais tout ce que je pouvais pour m'extirper de cette histoire. Quel être écoeurant. Son visage était bouffi, ses traits déformés par son truculent comportement, le type était sale et ce n'était vraisemblablement pas la première fois qu'il passait une soirée hors de chez lui ... si tant est qu'il ait eu un jour un chez lui. Et malgré tout, une bribe de compassion me traversa l'esprit. Ce pauvre bougre n'avait probablement personne à qui se confier, il avait donc choisi l'alcool, la drogue douce qui lui permettait de parler à un lampadaire sans se rendre compte que l'objet était inerte. Mes yeux s'embuèrent. De peur et de peine. C'est alors qu'on empoigna l'épaule du bonhomme pour le tirer en arrière.

    "Ca te dirait de la laisser tranquille ?"

    C'était Raito. J'étais si heureuse qu'il m'ait entendue, mais à la fois si apeurée, que je n'osai rien faire. Je suivis leurs échanges sans vraiment les comprendre.

    "Tu crois qu'un gamin comme toi va me faire peur ? Va t'asseoir, t'es qui pour m'empêcher de parler avec cette jolie demoiselle ?"

    Une révérence ... je crois. J'eus un relent de dégoût lorsqu'il manqua de perdre l'équilibre, embrouillé par la buvette.

    "Lâche-la je te dis."

    L'imbécile le prit mal. J'avais trop peur pour m'en rendre compte, mais ce que faisait Raito était héroïque, digne du chevalier des temps modernes qu'il était. L'ivrogne se retourna et fit craquer ses doigts, mon ami eut un sursaut qui le fit reculer un tant soit peu, et le coup partit. Je fermai les yeux, ne voulant pas voir le poing arriver à destination, mais je n'entendis pas la mâchoire craquer, suite à quoi je descellai mes paupières, juste au moment où un coup au thorax fut asséné à l'homme qui, titubant, semblait perdre l'équilibre. Raito empoigna hâtivement ma main, et envoyant quelque chose au barman, nous partîmes précipitamment un peu plus loin dans la rue avant de nous arrêter au coin d'une ruelle. Il saignait, et c'était ma faute. Un sentiment de culpabilité profond m'envahit, mais malgré ses maux, il s'enquit encore de moi.

    "Je suis désolé. Ca va, toi ?"

    J'inspirai par soubresaut, comme lorsque l'on pleure beaucoup, sauf que je n'avais pas pleuré. Sans vraiment lui répondre, je sortis de ma pochette un mouchoir et entrepris d'enlever le sang qu'il avait au coin de la bouche. L'inquiétude et la peur avaient dévoré ma gêne, et je me sentais bien trop coupable pour lui répondre bêtement.

    Je supportais mal la vue du sang. Sans qu'elle ne me mette dans tous mes états, je la détestais. Peut être à cause de l'odeur que ce liquide écarlate me rappelait invariablement, ou bien par la faute qu'on l'associe constamment à la violence et à la douleur. Tout mon être tremblait de peur et d'angoisse tandis que je nettoyai toujours si nerveusement Raito. Je me fondis en excuse :

    "Je ... Je suis vraiment désolée ! Tout est de ma faute, j-je n'aurais pas du partir. J-je te prie de m'excuser, pardon !"

    J'espérai juste qu'il ne souffre pas trop.
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Sortons Mademoiselle pour sa pendaison de crémaillère. [Pv Nérée]

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